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15/11/2016

Ce pouvoir d’achat que l’on ne sait plus négocier.

Pour la troisième année, les retraites ne seront pas augmentées. L’absence d’inflation en est la cause. Indexées sur les prix, quand les prix n’augmentent pas les retraites n’augmentent pas. Les retraités ont la garantie du maintien du pouvoir d’achat ... le problème c’est que ceux-ci n’en sont pas convaincus.

Les salaires évoluent, eux, bon an mal an, de 1%. Les taux de productivité sont évidemment bien supérieurs. La France est connue pour avoir l’un des meilleurs taux de productivité au monde.

Certains contestent la pertinence de l’indice des prix, j’en fait partie. Pourquoi utiliser le seul indice de référence avec ou sans tabac, quand il n’y a rien de commun entre la consommation d’un salarié payé au smic et celui d’un cadre de direction. Entre ce que consomme mon petit fils et moi retraité. Nous sommes décidemment des frustres. Il existe pourtant de nombreux indices de consommation, par âge, par niveau de revenu, par région, tous calculés avec précision par l’INSEE. Pourquoi DRH, syndicalistes, ministres, ne les utilisent pas ? À une époque où les théories de la complexité font fureur, les augmentations de nos salaires et de nos retraites sont négociées avec un outil préhistorique.

Par ailleurs, le concept de « rémunération globale » existe depuis des décennies. On le sait, après les augmentations générales (peanuts) et les augmentations individuelles, il n’y a plus rien à négocier. Pourtant l’entreprise et le salarié financent le logement, la santé, le transport… autant de postes importants des indices des prix sur lesquels existent des marges de négociation.

Prenons le poste « télécommunication », bien utile pour le travail, il représente 2370€ par an, soit 6% du budget moyen, 70% de ces dépenses sont des abonnements et redevances. Je connais une entreprise qui a négocié avec son opérateur un contrat groupé, les syndicats ont signé l’accord.

Il existe aussi la prime transport payée par le Conseil Régional que les entreprises refusent d’abonder.
Et que penser de ces situations scandaleuses comme celle des salariés d’Euralille qui, travaillant en seconde partie de nuit, sont obligés d’utiliser leur véhicule personnel, je tiens à la disposition de Martine AUBRY et Gérald DARMANIN, leurs contraventions à répétition car évidemment si leurs employeurs offrent un ticket parking aux clients ils le refusent pour leurs salariés !!

Aussi j’applaudis quand Xavier BERTRAND dit « il y a un réel problème de pouvoir d’achat ». On peut rajouter « et un terreau fécond pour LEPEN ».

26/10/2016

Que propose la gauche pour la Région ?

Parce que le Front National a éjecté la gauche de l’hémicycle du Conseil Régional, devrions nous être privé pendant 5 ans de toute proposition socialiste sur les problèmes régionaux ? Devrions-nous, nous contenter, comme ce weekend, du feuilleton des primaires, comme si ça nous intéressait de savoir qui va soutenir qui en 2017 ?

Il m’a fallu lire l’Abeille de la Ternoise pour savoir que M DAGBERT, le Président socialiste du Pas de Calais, commençait à s’impatienter des silences du Président de Région notamment sur les transports scolaires, gros, gros problème pour les familles en cette rentrée scolaire bien compliquée.

Nous ne savons rien de ce que propose les élus socialistes quand ils rencontrent le Président Régional. Si certains s’en fiche, je ne fais pas parti de ceux-là, car la démocratie a besoin de débats pour enrichir les votes de nos élus. Je n’imagine pas un seul instant que Pierre DESAINTIGNON n’aie pas une idée sur le futur SRDEII (Schéma Régional de Développement Economique, d’Innovation et d’Internalisation) qui doit être voté avant le 31 décembre 2016.

L’obstruction systématique des élus frontistes, leur incapacité à formuler la moindre proposition est en train de pourrir le débat démocratique. Dans ces conditions, les élus de droite ne peuvent se permettre le moindre débat public entre eux sur les politiques régionales. Savoir que tel vice-président soutient Sarkozy, Juppé ou Fillon, franchement on s’en fout ! Heureusement que le Président BERTRAND nous parle, lui, des enjeux régionaux. Mais il est bien seul et ce n’est pas bon de concentrer ainsi toutes les attentes et récriminations sur un seul élu.

En écrivant cette tribune, j’exprime simplement une attente me semble-t-il partagée. Les organisations de la société civile, membres du Conseil Economique, Social et Environnemental Régional ne peuvent à elles seules, comme elles ont essayé de le faire le 20 septembre être les uniques interlocutrices des élus régionaux.

Sur les questions quotidiennes que se posent les habitants des Hauts de France sur le transport ou la garde des enfants scolarisés, sur la qualité des formations dispensées, sur les offres d’emploi ou les stages impossibles à trouver, sur le manque de médecins en zone rurale .. le débat public n’exprime aujourd’hui que des craintes, des peurs, des colères et pas assez de propositions, même contradictoires, qui montreraient que des solutions sont possibles et qu’il ne suffit pas de pleurer sur nos misères, bien réelles.

10:42 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : élection

13/07/2016

Oui Michel, on n’a jamais raison trop tôt

Edmond MAIRE, Jacques DELORS et Michel ROCARD furent pour ma génération, des militants, des meneurs intellectuels et moraux qui nous ont obligé à nous dépasser sans cesse. J’ai eu la chance de les côtoyer, de les écouter, de parler avec eux, la CFDT, notre syndicat, nous réunissait fréquemment.
La mort de Michel ROCARD c’est 50 ans de combats menés dans la controverse, où nos pourfendeurs n’étaient pas que de droite…
Michel ROCARD, en 1979, à BREST, parlait de l’autogestion non pas comme un modèle de société aboutie mais comme un idéal où chacun devait apprendre à gérer sa propre vie. Malheureusement, la culture de gauche a besoin de certitudes et lorsque l’autogestion devint le socialisme autogestionnaire, la belle utopie s’étiola.
En 1989, sous son gouvernement, M ROCARD met en place le RMI. Inventer et surtout défendre ce qui fut et reste le dernier filet de protection contre la grande pauvreté ne fut pas facile. Pour moi, le plus difficile fut de comprendre que la crise était durable, que nous n’en sortirions pas uniquement par de la croissance. Le débat sur l’assistanat reste encore aujourd’hui très insultant pour ces êtres humains concernés, notamment les enfants qui n’y sont pour rien dans la pauvreté de leurs parents.
En 1990, prenant conscience qu’il y a un problème de cout du travail, Michel ROCARD fait voter la CSG qui allège les cotisations sociales totalement ponctionnées sur les salaires en élargissant l’assiette de cotisations aux revenus non salariaux, à cette époque, seule la CFDT soutient cette réforme, même le CNPF était frileux !
Le livre blanc de 1992 sur les retraites a guidé, par sa lucidité, le long combat des réformistes pour pérenniser un système que les dernières études du Conseil d’Orientation des Retraites considère comme l’un des plus généreux. Les jeunes militants réformistes de 2016, doivent savoir qu’ils sont dans la lignée de ROCARD et que leur prise de responsabilités d’aujourd’hui porteront leurs fruits, on n’a jamais raison trop tôt.
1988, sera pour moi une année mémorable, la négociation de l’accord de Matignon qui conduira 10 ans plus tard aux accords de NOUMEA, marquera à jamais ma soif de connaissances sur les méthodes de négociation. Réussir à mettre d’accord le Kanak Jean Marie DJIBAOU et le Caldoche Jacques LAFLEUR était loin d’être évident. Christian BLANC, le négociateur de Michel ROCARD a réussi sur ce dossier ultrasensible de la Nouvelle Calédonie, a mené un dialogue interculturel dont notre société a tant besoin aujourd’hui. Nous devons à Michel ROCARD un socle intellectuel et méthodologique sur la négociation que peu d’observateurs ont relevé. Mais la culture de la négociation…
ui Michel, on n’a jamais raison trop tôt.
Edmond MAIRE, Jacques DELORS et Michel ROCARD furent pour ma génération, des militants, des meneurs intellectuels et moraux qui nous ont obligé à nous dépasser sans cesse. J’ai eu la chance de les côtoyer, de les écouter, de parler avec eux, la CFDT, notre syndicat, nous réunissait fréquemment.
La mort de Michel ROCARD c’est 50 ans de combats menés dans la controverse, où nos pourfendeurs n’étaient pas que de droite…
Michel ROCARD, en 1979, à BREST, parlait de l’autogestion non pas comme un modèle de société aboutie mais comme un idéal où chacun devait apprendre à gérer sa propre vie. Malheureusement, la culture de gauche a besoin de certitudes et lorsque l’autogestion devint le socialisme autogestionnaire, la belle utopie s’étiola.
En 1989, sous son gouvernement, M ROCARD met en place le RMI. Inventer et surtout défendre ce qui fut et reste le dernier filet de protection contre la grande pauvreté ne fut pas facile. Pour moi, le plus difficile fut de comprendre que la crise était durable, que nous n’en sortirions pas uniquement par de la croissance. Le débat sur l’assistanat reste encore aujourd’hui très insultant pour ces êtres humains concernés, notamment les enfants qui n’y sont pour rien dans la pauvreté de leurs parents.
En 1990, prenant conscience qu’il y a un problème de cout du travail, Michel ROCARD fait voter la CSG qui allège les cotisations sociales totalement ponctionnées sur les salaires en élargissant l’assiette de cotisations aux revenus non salariaux, à cette époque, seule la CFDT soutient cette réforme, même le CNPF était frileux !
Le livre blanc de 1992 sur les retraites a guidé, par sa lucidité, le long combat des réformistes pour pérenniser un système que les dernières études du Conseil d’Orientation des Retraites considère comme l’un des plus généreux. Les jeunes militants réformistes de 2016, doivent savoir qu’ils sont dans la lignée de ROCARD et que leur prise de responsabilités d’aujourd’hui porteront leurs fruits, on n’a jamais raison trop tôt.
1988, sera pour moi une année mémorable, la négociation de l’accord de Matignon qui conduira 10 ans plus tard aux accords de NOUMEA, marquera à jamais ma soif de connaissances sur les méthodes de négociation. Réussir à mettre d’accord le Kanak Jean Marie DJIBAOU et le Caldoche Jacques LAFLEUR était loin d’être évident. Christian BLANC, le négociateur de Michel ROCARD a réussi sur ce dossier ultrasensible de la Nouvelle Calédonie, a mené un dialogue interculturel dont notre société a tant besoin aujourd’hui. Nous devons à Michel ROCARD un socle intellectuel et méthodologique sur la négociation que peu d’observateurs ont relevé. Mais la culture de la négociation…

05:41 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : michel rocard