22/11/2014

La négociation nationale sur le dialogue social est mal partie

On l'a bien comprise, la chef d'entreprise d'Armentieres qui a interpellé le Président de la République rêve d'un monde patronal idéal où il n'y aurait pas de syndicat,où comme Monsieur GATTAZ, il serait possible de licencier un salarié sans avoir à donner de motif!

Le débat sur les seuils sociaux viserait ainsi à maintenir les petites entreprises avec des salariés aux petits droits. En dessous d'un nombre plus important de salariés, l'entreprise serait exonérée des droits à la formation, au transport, au logement et bien sûr aux comités d'entreprises.

C'est dans ce contexte (joyeusement progressiste) que se déroulent, à Paris, les négociations sur le dialogue social. J'ai rencontré plusieurs négociateurs, disons que c'est mal barré.

Les 3 syndicats patronaux sont très divisées, seuls les artisans de l'UPA ont l'écoute des syndicats qui eux, sont unis comme ils ne l'ont jamais été, grâce aux provocations de GATTAZ.

Rappelons les données du problème. Il faut créer des emplois dans les PME et aider certaines d'entre elles à devenir ETI (entreprise de taille intermédiaire). Pour cela il faut lever quelques verrous. Mais la Constitution garantit à chaque citoyen des droits sociaux et syndicaux qu'il faut respecter.

Rappelons que ce sont les employeurs qui ont demandé des seuils pour exclure les PME de leurs prérogatives sociales. Ainsi, l'embauche du 50eme salarié coûterait 4% de la masse salariale d'où l'intérêt pour un salarié de travailler dans une entreprise plus grande.

Les syndicats veulent corriger ces inégalités sans pour autant occulter les spécificités des petites entreprises.

Pour moi, la négociation devrait porter sur quelques fondamentaux:

- tout salarié a droit à être représenté par un délégué. Ce droit étant reconnu, les formes de cette représentation sont à négocier sans avoir des délégués dans chaque petite entreprise, ( par exemple: un délégué territorial pour tous les boulangers d'un territoire...)
- il faut lisser les effets de seuils et les charges qui en découlent en supprimant les seuls seuils de 10 et 50 salariés, en prenant notamment en compte le chiffre d'affaire et les résultats de l'entreprise.
- les instances représentatives sont trop nombreuses et peu efficaces, il faut donc revoir l'utilité et les prérogatives des DP, CHSCT et CE, intégrer les notions de groupe, de filiale, et d'entreprise européenne voire mondiale.

La semaine dernière, nous en parlions avec JP RAFFARIN qui souhaitait, à bon escient, instaurer aussi un dialogue territorial...Nous en sommes loin.

article paru dans Autrement Dit

18/11/2014

J'ai l'impression d'entendre jouer l'orchestre du TITANIC quand le bateau coule

Comme tous ceux qui positivent, je me pose la question?

Bien sûr que la situation est grave à plus d'un titre. Guerres, terroristes, chômage, affaires, extrémismes violents, la politique réduite aux faits divers .. Comment continuer à écrire que les solutions existent, que tout dépend de chacun de nous, que rien n'est jamais perdu d'avance...

Le numéro 2 du MEDEF annonce que deux patrons se suicident chaque jour, mais il est incapable de justifier ces chiffres, l'important c'est ce qui est dit, peu importe la vérité.

J'écris un rapport au CESER sur la réforme régionale, il est mis à la poubelle sans débat. Même la société civile est tétanisée par ses peurs et ses angoisses.

La discussion entre 2 ministres attablés au restaurant fait la une de tous les médias qui ne parlent plus de KOBANE.

Comment dans ce contexte délétère trouver la force de croire encore et toujours dans l'Homme?

Oui j'ai l'impression d'entendre jouer l'orchestre du TITANIC quand le bateau coule.

03:59 Publié dans A lire | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : titanic

17/11/2014

Le manager collaboratif doit aussi régler les problèmes de conflictualite

L'idée de coopération donne souvent une image positive du travail de management mais il ne faudrait pas oublier le versant de tout management collaboratif, la gestion des conflits individuels.

Dans les organisations pyramidales la hiérarchie, l'organigramme, donnent le pouvoir coercitif à la ligne managériale. L'apprentissage des "entretiens de recadrage" est la base des formations traditionnelles de managers.

Aujourd'hui c'est un peu plus difficile. Nous recherchons la coopération des collaborateurs pour atteindre un objectif commun. Les collaborateurs doivent trouver eux mêmes réponses aux situations inédites. Le manager doit être un facilitateur de l'initiative et de l'autonomie du salarié. Ce management répond aux impératifs de l'économie de l'innovation. L'idéal de l'autonomie est de ne plus s'abriter derrière le chef ou la procédure.

Tout cela est difficile à mettre en œuvre, ces nouvelles pratiques managériales exigent des organisations complexes, des séances de travail collaboratif, une tutelle presque invisible, elle repose sur le talent du salarié, son assertivite. Et cela exige un management qui ne perturbe pas les coopérations latérales. Quid alors du rôle du manager?

Les rivalités, les frustrations, la compétition mal comprise entre salariés, les entretiens d'évaluation sécrètent toujours leur lot d'amertume, les "irritants" en tous genres ne se sont pas envolés par enchantement.. la conflictualite perdure, certes autrement, dans les organisations coopératives.
Comme le dit Jean Marie BERGERE de l'Observatoire des Cadres: "Résumer la mission des managers à l'animation de la coopération ne suffit pas. Animer la coopération, c'est fondamentalement se préoccuper de son contraire, la conflictualite. Le manager est garant ... que la face sombre ne l'emporte pas sur la face lumineuse"

Les nouvelles formations au management devraient être revisitées en ce sens.