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13/10/2018

Retraite 2019-1.


Voici le temps de reparler retraite, mais autrement...

Je vous propose de consacrer, ces prochains mois, cette chronique à la réforme des retraites déjà en cours de préparation, je le ferai sans langue de bois.

Essayons de poser la problématique. Les personnes de plus de 65 ans ont en France, les revenus les plus importants d’Europe et le taux de pauvreté le plus faible. Le système est globalement à l’équilibre financier.
Nous devons cependant affronter un double paradoxe concernant la confiance dans le système. Le système est à l’équilibre et les jeunes générations pensent qu’elles n’auront pas de retraite. L’idée majoritaire de l’opinion est celle de l’appauvrissement des retraités quand ceux ci n’ont jamais été autant protégés.
Par contre, le système est illisible, injuste et difficile à adapter.

Si le problème de la future réforme des retraites n’est plus, d’abord, celui de l’équilibre financier, profitons en pour remettre en perspective les objectifs fondamentaux de ce qu’est la répartition, cette technique plébiscitée par le plus grand nombre. La répartition est synonyme de solidarités intergénérationnelles, et ce sont ces solidarités qu’il faut refonder.

Depuis les années 2000, nous sommes arrivés à un tournant de notre histoire entre les générations où les plus pauvres ne sont plus les personnes âgées mais les enfants et les jeunes adultes de 18 à 29 ans. Une époque où la plupart des retraités vivent plus de 20 ans une retraite en bonne santé et contribuent à l’essor de l’économie quand les jeunes adultes peinent à trouver leur autonomie matérielle .

La génération socialement en danger n’est plus celle des personnes âgées mais celle des enfants et des jeunes adultes. L’année 2018 restera l’année noire de la jeunesse: l’enterrement des rythmes scolaires où parents et enseignants ont préféré, égoïstement, leurs week-ends à la fatigue de leurs enfants, la gestion catastrophique de parcours sup, ces grèves qui ont compliqué la préparation et le passage des examens, les APL...Alors, si rien n’est fait pour faciliter le droit à l’autonomie des jeunes adultes, il est illusoire de leur demander d’être solidaires de leurs aînés.

De même si les familles -toutes les familles sans discrimination- ne voient pas leurs droits et devoirs revisités, comment pourraient elles faire face aux besoins de chaque génération? La famille de 1945 sur laquelle repose notre protection sociale a volé en éclats depuis longtemps.
Les relations financières individuelles entre les 5 générations sont très importantes, à la fois montantes et de plus en plus descendantes. Il faut donc repenser ce pacte de solidarités de manière globale en liant éducation- formation-travail-emploi-retraite active-le prendre soin.

Plutôt qu’une énième réforme spécifique des retraites, instaurons sur le temps long ( les finances le permettent) une batterie de réformes (certaines sont en cours) qui permettront de refonder le pacte de confiance basé sur les solidarités entre toutes les générations.

11:02 Publié dans Retraite | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : retraite 2019

30/09/2018

Quand plus rien ne nous étonne, c’est que ça va mal.



Drôle d’époque, quand ce qui se décide et se réalise sous nos yeux est en contradiction avec les discours présentés comme généreux et bienveillants. Quand, blasés, plus rien ne nous étonne. Quand la plus improbable des idées fausses ou des fausses informations fait parler des ignorants avec des certitudes à nous clouer le bec.

Cette rentrée sociale d’habitude marquée par les postures syndicales est cette année marquée par les provocations et hésitations gouvernementales.

Le prélèvement de l’impôt à la source est certainement la réforme la plus emblématique de l’incapacité de notre pays à oser le changement. Une majorité de citoyens est devenue pour, le candidat MACRON l’avait promis, tous les pays développés l’ont adopté et il a suffit de voir notre Président s’interroger pour entendre tout et n’importe quoi. Non, nos impôts ne vont pas augmenter avec ce nouveau prélèvement, non nos patrons ne connaîtront pas notre patrimoine et ne prendront pas de décisions fiscales à notre place, oui le crédit d’impôt dont je bénéficie parce que je paye une cotisation syndicale ne sera pas supprimé. Oui pour l’année 2018 nous ne serons pas taxés sur nos salaires et pensions ( sur la vie nous gagnons donc une année d’imposition). Comment se peut il que celui qui se présentait comme le President le plus réformiste que l’on aie connu ne soit plus soutenu que par le patronat?

Nous avions dit combien les ordonnances travail nous avaient déçu. Les premiers chiffres confirment une baisse de 15% des recours prudhommaux. Les salariés sont les grands perdants de la réforme . Face à ce qu’il considère comme une injustice, le salarié « s’écrase » sachant que le juge ne pourra rien faire pour lui au-delà du barème dérisoire. De même certains employeurs, libérés de la peur du juge prud’homal se permettent des comportements hier jugés répréhensibles comme le rapportent les conseillers du salarié . Alors, entendre l’entourage de la Ministre affirmer que « les salariés discutent beaucoup plus, voire systématiquement, en cas de conflit avant d’aller aux prud’hommes » a scandalisé les syndicalistes les plus raisonnables.

Et comme si ça ne suffisait pas, le gouvernement ressort la question des arrêts maladie -vous savez, ces jours de congés supplémentaires - comme dit le Premier Ministre. Il pourrait, par contre, imposer le repos aux 20% des salariés qui ne suivent pas la prescription de leur médecin.

Ce gouvernement aurait il un problème avec le travail?

02/07/2018

Et il ne faudrait pas s’indigner !

Stephan HESSEL avait raison, la capacité d’indignation n’est pas innée, quand le cynisme fait feu de tout bois, faudrait-il nous aussi se laisser aller aux petites démissions, silencieuses et tellement confortables. Désolé, l’été ne s’annonce pas radieux.

Les grévistes de la semaine dernière, tous des mauvais pères ! Syndicalisme devrait rimer avec solidarité intergénérationnelle. Avec les réformes des retraites ou les rythmes scolaires, j’ai appris que, souvent, ce n’était pas vrai. Pourquoi avoir puni nos enfants et petits enfants qui révisaient puis passaient leurs examens, bac ou autre ? Par aveuglement corporatiste, bras d’honneur à l’intérêt général au profit d’une minorité qui ne pense qu’à elle. Je ne décolère pas de ce printemps 2018 si éloigné de 1968 et de tout ce qui se nomme SOLIDARITE.

Parcoursup, si c’est çà entrer dans ce monde de la bienveillance ! Pourquoi punir avec une telle violence toute une génération qui a déjà tant de mal ? Un mois avant le BAC, stresser à ce point des jeunes qui ont intégré leur déclassement par rapport à la situation de leurs parents est une faute de notre génération. J’ai vu pleurer ces filles qui étaient recalées sur tous leurs souhaits, recalées par l’écran d’une machine à qui l’on ne peut rien dire. J’ai vu ce jeune qui ce 18 juin est parti passer son BAC sans avoir aucune certitude sur son avenir d’étudiant. J’ai moi aussi souffert de cette impuissance à leur proposer mon aide. Si nous voulions leur démontrer que le bac ne sert à rien, nous n’aurions pas fait mieux, me dit un ancien recteur.

Le PDG de CARREFOUR s’est invité à ma table. Pas de chance, je connais 3 proches qui travaillent à Carrefour, ils aiment leur travail et sont indignés. 273 magasins sortis du groupe, 2400 postes supprimés, un plan social pour 2100 salariés et le PDG responsable qui avait accepté une rémunération de 13,17 millions d’euros pour 2017, cadeau (ne l’oublions pas) du conseil d’administration. Comment voulez vous être syndicaliste modéré dans ces conditions ? Je n’ai pas su panser leurs plaies. Ne baissez pas les bras, Camarades.

« On met un pognon de dingue dans les minimas sociaux et les gens, ils sont quand même pauvres… » Et j’ai voté, appelé à voter pour entendre cela!

80 km/h est ce que ça vaut 400 morts même ruraux ? Les 80 km/h est-ce la bonne solution ? Regardons la vérité en face. Nord : 23 voies concentrent 47% des morts. Pas de Calais : 18 voies pour 51% des morts. Somme : 16 voies pour 51% des morts. Avez-vous vu les reportages sur ce que disaient nos compatriotes quand, en 1973, il y avait 16 000 morts pour dénigrer les limites, puis les ceintures, enfin les alcootests… les mêmes arguments à la noix que parfois nous répétons. Aujourd’hui, nous sommes 3684 à mourir sur nos routes, les cyniques disent que c’est le prix de la liberté.

08:40 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : 80kms