19/12/2014

La grève en Italie, en Belgique et bientôt en France ?

Le 12 décembre, les 3 grands syndicats italiens, le 15 décembre les 2 grands syndicats belges ont organisé une journée de grève générale pour protester contre les mesures d'austérité de leurs gouvernements. S'il est toujours difficile de mobiliser syndicalement les salariés en temps de crise, force est de constater la réussite de ces journées d'actions.

La France n'est pas loin de suivre le même chemin. Plusieurs signaux clignotent dans le mauvais sens.
Les provocations répétées et toujours plus rétrogrades du Président du MEDEF exacerbent les crispations chez les salariés. Les manifestations très médiatisées des organisations patronales, les "grèves" des notaires, des patrons taxis, des médecins (lors des fêtes)...obligent les responsables syndicaux à la riposte car les militants n'acceptent pas de laisser les écrans et le pavé aux revendications patronales.

J'entends les observateurs de salon prétexter des problèmes de la CGT, et de l'attitude très responsable de la CFDT pour relativiser l'éventualité de cette possible mobilisation. Mais comment ne pas voir dans l'action des chauffeurs routiers CFDT un premier signe de la montée de la conflictualite dans le secteur privé ?

Les négociations annuelles obligatoires (NAO) se présentent mal, souvent les employeurs s'appuient sur la faible augmentation des prix et la crise récurrente pour chercher à rogner, ici et là, quelques "acquis" considérés comme archaïques. Je sens qu'en 2015, il ne sera plus possible de rejouer le scénario de la négociation bidon. Les syndicats et notamment la CFDT ont informé, formé les négociateurs d'entreprise aux contreparties négociables du CICE, les entreprises du CAC 40 affichent de bons résultats, les rémunérations des dirigeants redeviennent aberrantes.. Autant d'ingrédients pour attiser la conflictualité sociale.

Je suis aussi très surpris des violences collatérales à presque toutes les manifestations, ce qui témoigne là encore d'un surcroit de tensions.

Personne ne peut prédire un mouvement social, mais tout le monde est en capacité de procéder à une analyse objective du climat social, dire que celui n'est pas bon n'est pas un secret.

02:21 Publié dans syndicats | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : grève

18/12/2014

Inquisition médiatique

La période actuelle est quelque peu troublante. A chaque jour sa nouvelle victime ! Chaque jour, un nouveau politique passe au bucher de l'inquisition médiatique. Dès l'annonce d'une éventuelle irrégularité , finie la présomption d'innocence, finie le droit à la défense. Coupable ! Quelque soit l'ampleur de la faute, quelque soit son degré de gravité, la justice médiatique et populaire vous condamne, sans discernement, sans gradation dans la sentence

0h, je ne défend pas le fautif, je ne cherche pas plus à l'escuser, à lui pardonner ou à lui trouver des circonstances atténuantes. Je crois autant que les autres à la nécessaire exemplarité de l'élu, à la vertu d'un comportement politique plus digne, plus sain, plus honnête.

Pourquoi cette impression malsaine que le fautif est livré ainsi aux colères citoyennes ? Pour le dire simplement, je trouve la réaction médiatique tout autant désolante et basse que la faute elle-même.

Une démocratie plus apaisée repose tout autant sur un comportement politique plus digne, que sur une presse qui une fois les faits révélés et critiqués gagnerait à nous offrir les clés d'un débat citoyen qui s'élève.

02:45 Publié dans A lire, Actualités | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : médias

12/12/2014

Le télétravail : une avancée sociale, économique et environnementale

« Il est 17 heures. François quitte son bureau situé en centre-ville. Il prend sa voiture et parcourt les 500 m qui le séparent de la crèche, où il récupère sa fille à toute vitesse parce qu'il est garé en double file. Il prend la rocade, bouchée comme tous les soirs. Il s'arrête au centre commercial. Sur la route du retour, puisqu'il habite à l'ouest de l'agglomération, il se plaint du soleil qui l'aveugle. En arrivant dans son village, il va chercher son fils à la garderie et va poster le loyer. La mairie est déjà fermée, tant pis, il payera la cantine de son fils demain. Il arrive enfin chez elle, il est 19 heures. Sa femme ne devrait pas tarder. Ils sont éreintés, rien n’est prêt pour le dîner. On décongèle un surgelé. »

Est-ce caricatural ou finalement pas si éloigné de la réalité de nombre de familles ? Cette scène est en tout cas un véritable gâchis. Gâchis de temps familial, de fatigue, mais aussi générateur de pollutions routières, d’encombrements routiers….etc.

A l’heure où les décideurs régionaux se lancent dans la troisième révolution industrielle, à la recherche de décisions et de projets qui allient les 3 piliers du développement durable, une avancée économique, fédératrice, facile à mettre en place et qui recouvre les 3 dimensions du sociale, de l’économique et de l’environnementale existe. Il s’agit du télétravail.

Il y a bien sûr de multiples conditions à remplir et à débattre pour que le télétravail puisse constituer une innovation et non une contrainte supplémentaire. Je suis par exemple contre le télétravail à 100 %. Une journée télé travaillée serait déjà une indéniable source d’effets induits plus importante qu’on ne pourrait le croire de prime abord.

Certains avantages d’une journée télé travaillée apparaissent en effet immédiatement : plus de temps familial, plus de productivité dans l’entreprise ou l’administration le reste de la semaine, moins de déplacements. D’autres sont moins évidents, et pourtant tout aussi majeurs : la redynamisation des territoires ruraux et périurbains traditionnellement désertés la semaine par les actifs, l’optimisation du parc immobilier de bureaux, l’obligation de mailler tout le territoire en offre haut débit internet.

Elus, citoyens, représentants de la société civile, lançons le débat sur cette idée simple : organiser une journée de télé travail hebdomadaire dans les activités de services privées et publics compatibles. Restent à évaluer le nombre de salariés et de fonctionnaires potentiellement concernés. Mais je ne crois pas me tromper en disant qu’ils sont, au bas mot, des dizaines de milliers concernés dans la Région !

Alors un peu d’audace.