02/02/2016

Le monde change, tu dois changer ! …pourquoi ça ne marche pas.

La pédagogie de l’acculturation du changement.

« Le monde change, vous aussi vous devez changer !» Que n’ai-je entendu cette injonction du Directeur Général à ses directeurs ou à ses syndicalistes, et ça ne marche pas.

On leur dit que le monde change mais on ne leur montre pas le monde. Tant que nous n’aiderons pas les collaborateurs à voir ce qui se passe à l’extérieur, ne soyons pas étonnés qu’ils se cantonnent à ce qu’ils ont toujours connu à l’intérieur de l’entreprise et qu’il était, jusqu’à ce jour, interdit de remettre en cause.

Aux managers qui liront ces lignes, je leur propose d’emmener leurs équipes dans les salons professionnels, dans les universités, les showrooms, par exemple, d’un atelier connecté. Visitez ensemble, avec le comité d’entreprise, les locaux d’un client exigeant de nouvelles normes qualité, invitez au CE un expert pour présenter, par exemple, la différence entre produits nouveaux et produits innovants… cela facilitera la compréhension de concepts comme la customisation, l’économie circulaire ou le service industriel.

L’intelligence des changements est accessible à la plupart d’entre nous, encore faut-il nous en donner les moyens.

L’incantation de l’engagement.

Tous les Comités de Directions avec qui je travaille, aspirent à l’engagement de leurs collaborateurs. Mais !
C’est quoi l’engagement ? Un syndicat qui s’engage à signer la fin d’un avantage ? Un manager qui engage une dépense mais ne sait pas s’il en a le droit ?

Arrêtons les faux débats et les faux semblants.

Si l’on veut que les collaborateurs, les managers et les délégués syndicaux s’engagent, ils sont d’abord en droit de savoir quel est l’engagement de la Direction. Cet engagement ne doit plus être présenté comme imposé par l’extérieur (marché ou client) mais comme une décision prise et assumée librement par le Directeur.

La façon de présenter le changement conduit l’interlocuteur à être dans une démarche passive ou proactive. Sans engagement préalable de la direction, il ne peut y avoir engagement des managers et des organisations syndicales. Partout c’est le même scénario : au nom d’un constat, d’une analyse de conjoncture faite en cercle fermé, la Direction appelle l’entreprise à se mobiliser sur des changements et chaque fois l’écoute est polie mais passive. On ne mobilise pas sur un constat, on mobilise sur une action sur laquelle on est soi-même engagé.

Ce n’est pourtant pas difficile de dire « Moi PDG, je m’engage à investir tant pour tel projet, j’ai besoin de vous, êtes-vous prêt à vous engager avec moi ?»

L’engagement est la meilleure pédagogie pour conduire un changement.

12/01/2016

BERTRAND, LECERF, CASTELAIN et nous

Quand ailleurs ils sont tous connectés sur Paris 2017, nos nouveaux élus régionaux ont décidé de quitter leurs responsabilités nationales à l’instar des Président et Premier Vice-Président du Conseil Régional, ils ont tenu parole, la Région est leur seule obsession et c’est encourageant.

Oui mais comment rêver dialogue social rénové quand le nouveau Conseil Départemental du Nord réforme le RSA sans en parler aux associations et syndicats, quand les syndicalistes de TOURCOING incapables de payer la redevance exigée par le Maire parlent de fermer leur permanence locale. Pourquoi tourner autour du pot, si les nouveaux élus veulent gouverner sans négociation ou simple dialogue social c’est très mal barré.

Nos élus sont-ils équipés pour mettre en œuvre les nouvelles gouvernances publiques qu’ils nous promettent ? Il n’est pas possible de faire « du autrement »avec les méthodes de gouvernance d’hier. La conduite du changement, ça ne s’improvise pas avec seulement un programme électoral. Il va falloir aux administrations territoriales se former et se faire accompagner car les conditions d’exercice du pouvoir sont bouleversées, modifications spatiales, nouvelles compétences, restrictions budgétaires… et tout ça avec un échiquier politique certes élu mais très fragilisé.

Nos nouveaux élus savent tout cela. Les nouveaux Présidents sont sincères quand ils disent ne plus vouloir faire la politique comme avant. Nous devons les aider, nous acteurs de la société civile, en militant aussi autrement.

Comment faire comprendre que la société civile doit arrêter de chercher d’abord à attirer l’attention des élus quand sa responsabilité, sa raison d’être, est d’être elle-même actrice des changements qu’elle souhaite. L’émancipation citoyenne du tout politique est une des conditions du « faire de la politique autrement » souhaité par Xavier BERTRAND.

Que j’aimerai travailler, par exemple au CESER, sur le désenchantement politique et citoyen de ma nouvelle région à l’instar de ce qui s’est fait en Europe du Nord comme à Stockholm. Que j’aimerai travailler sur l’installation d’activités économiques en milieux rural. Est-ce si extravagant de réfléchir emploi par l’entrée territoire ? Je ne comprends pas comment nous pouvons ignorer, nous les métropolitains, les territoires oubliés de la grande région, réfléchir aux conditions d’un développement équitable de nos territoires n’est plus de la responsabilité étatique mais de notre responsabilité d’acteurs régionaux.

N’attendons pas d’être saisis par le Politique, prenons nos responsabilités.


Article paru dans Autrement Dit

25/12/2015

Bonnes fêtes

Je vous souhaite un joyeux Noel et une année 2O16 beaucoup plus heureuse et sereine que 2015.

Je vous donne rendez-vous pour un papier hebdomadaire car les temps sont difficiles à comprendre.

Pour moi 2016 doit être l’année du sursaut de la société civile. Au-delà du score des extrêmes, les élections interrogent nos certitudes.

Les syndicalistes sont aujourd’hui en première ligne pour représenter les ouvriers, les employées des services privés, tous ces travailleurs qui ne se reconnaissent que dans les démagogues. Ce combat de la représentativité des plus défavorisés est une priorité bien plus importante que la représentativité générale.

Le dialogue social est en panne, je m’en aperçois dans la formation que j’anime à Sciences Po LILLE sur les relations sociales. Nous négocions toujours avec la technique de la négociation de positions quand il faut utiliser dorénavant les techniques de la « négociation raisonnée ». Un gros effort de formation à la négociation me semble indispensable au moment où la négociation sociale se déroule majoritairement dans l’entreprise.

Les associations comme notre belle Ecole de la deuxième chance sont elles aussi appelées à se renouveler. Malgré nos réussites, regardons en face la situation de la jeunesse qui majoritairement refuse d’aller voter. Les solidarités intergénérationnelles sont à sens uniques, les jeunes sont, soit au chômage, soit précaires, dans la région ils sont peu formés et dans l’incapacité d’accéder à l’autonomie par l’emploi ou le logement. IL m’est alors impossible de soutenir les manifestations de retraités. Je n’oublie jamais que ma retraite représente un trimestre de salaire annuel payé en cotisations retraite par mes filles.

Enfin comment faire comprendre que nous sommes tous des multi appartenants quand on voudrait nous réduire à une seule appartenance. Ce sentiment d’appartenance si mal en point méritera quelques réflexions dans ce modeste blog.

07:54 Publié dans A lire | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : fin d'année 2015