23/07/2015

Grande région, il y a le projet du législateur, il y a aussi le projet de la société civile.

Les 2 Conseils Economiques Sociaux et Environnementaux de Picardie et du Nord-Pas-de-Calais colloquaient pour « construire ensemble la nouvelle grande région ». Si les CESER avaient raté l’occasion d’être les soutiens de la première heure de cette heureuse opportunité qu’offre la grande région, ce colloque de la société civile organisée a apporté un aperçu de ce que sera notre futur proche.
Les deux Présidents de CESER, dans un même enthousiasme, veulent éclairer les chemins de la construction de la future région, une région de projets, « ayons cette ambition » dirent t’ils.
Mais c’est le Préfet préfigurateur de la future Région qui fut, dans un discours remarquable et remarqué, le grand avocat de notre défi collectif. J’aurai aimé être petite souris pour avoir accès au rapport de préfiguration déposé la veille auprès du Premier Ministre car ce que nous avons entendu donne envie d’en savoir plus.

Le Préfet situa la future collectivité au niveau de la Catalogne, de la Vénétie, et de nombreuses régions européennes emblématiques. Aussi grande que la Flandre, plus peuplée que certaines nations comme le Danemark, la Finlande, la Slovaquie, notre grande région a un positionnement stratégique exceptionnel, un atout reconnu depuis longtemps. Nous sommes premier dans la construction automobile ou le ferroviaire, nous travaillons de plus en plus à l’international, nos universités et notre recherche en se restructurant cumulent les succès. Et pourquoi ne pas le rappeler à ceux qui disent que cette région n’a pas d’identité commune, la Picardie est le berceau du royaume de France, les régions existent depuis le 12ème siècle et le parler picard est notre parler.

Après avoir entendu le projet de l’Etat, les travaux communs aux 2 CESER ont été présentés et chacun a pu voir combien les points de vue étaient partagés que ce soit sur les infrastructures, la santé, la recherche innovation, la formation, l’agriculture et le développement économique. Un vrai souffle de fraicheur, de concret, de dynamisme émanant des forces vives de nos 2 territoires.

Et même sur la place de LILLE et d’AMIENS, les représentants des 2 capitales régionales ont su trouver les mots qu’il fallait pour parler d’une même voix sur la nécessité à la fois d’une grande métropole internationale et d’un développement équitable des autres territoires, « pas de désert en dehors de la métropole », dommage que le Président de la MEL se soit fait excuser.

15/07/2015

Finalement, non rien n'a changé

Il y a 15 jours un journal me demandait de réagir 6 mois après Charlie. Voici ce que j’ai envoyé.
« J’ai été Charlie », je ne vois pas, 6 mois plus tard ce que ça a changé. Désolé, mais l’immédiateté médiatique a une nouvelle fait son œuvre de zapping, or quand on zappe on oublie, c’est devenu ainsi, j’ai l’impression qu’il est de plus en plus difficile « d’incruster » de « marquer » de nouveaux comportements plus durables dans nos vie. L’impression que cela va trop vite pour nous poser et décider de penser et de vivre autrement.

J’ai aussi l’impression que l’on joue avec nos émotions de manière trop superficielle, nous avons vécu ces évènements comme une fiction télévisuelle. Nos larmes sont restées dans nos fauteuils de téléspectateurs. Passé le stade de l’émotion, le soufflet démocratique s’est dégonflé.

Peut-être pouvons-nous dire que cet énorme mouvement d’indignation n’a pas été inutile, qu’il révèle une capacité de sursaut démocratique collectif. En disant cela, je mesure les trop nombreuses ambiguïtés du slogan « je suis Charlie ». Je me suis retrouvé dans le même cortège de dictateurs qui dans leur pays interdisent mes amis bloggeurs et les emprisonnent.

Après les élections départementales comment ne pas relever la première place donnée par les électeurs de ma région aux idées d’exclusion, d’intolérance, de racisme, d’homophobie et autres souillures à notre drapeau républicain.

Il nous reste, aux humanistes, de redonner au mot « fraternité » encore présent dans notre devise nationale, consistance, réalité et hurler notre indignation devant les extrêmes.

Depuis, les attentats du premier vendredi du ramadan, m’ont comme vous atterré.
Bien sûr que Valls a raison, nous sommes en guerre contre des barbares, une guerre de civilisation pour eux c’est trop les respecter, ils ne sont pas civilisés. J’ai lu ce que représentait la décapitation, c’est l’anti lumières, c’est l’anti intelligence, c’est le pire des antihumanismes.

J’en veux à ceux qui mégottent sur les moyens de l’antiterrorisme, j’ai trop lu sur le Conseil National de la Résistance pour savoir que face au nazisme (d’Aesch en est l’actuelle copie) il ne fallait pas tergiverser, c’était la guerre comme aujourd’hui. Evidemment que les assassins devront être jugés en respectant les droits de l’homme et que la peine de mort ne changerait rien, mais il faut éradiquer la menace.

Que faudra-t-il pour que nous nous sentions concernés ! Cette histoire de réaction d’une partie de la gauche contre la loi anti-terroriste m’est restée en travers de la gorge. On nous parle de loups solitaires, de structures dormantes, eh bien oui il faut essayer de les déloger, de les mettre en incapacité de nuire. Ce combat n’est pas celui de Cazeneuve, c’est aussi le mien, c’est surement aussi le vôtre.

15:05 Publié dans A lire, Actualités | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : humaniste

27/06/2015

Grande région : arrêtons les postures convenues et parlons nous

Mais pourquoi donc le gouvernement a-t-il demandé aux Ceser et Conseils Régionaux de Picardie et du Nord Pas de Calais de se prononcer sur le chef-lieu provisoire (oui provisoire !) de la grande région ? Tout le monde sait qu’au final le pouvoir central décidera que c’est LILLE. Ce qui devait arriver est arrivé, le Nord Pas de Calais propose LILLE, la Picardie propose AMIENS. Et chacun de marteler ses arguments jusque cette page dans le journal Le Monde pour AMIENS. Après ça comment recoller les morceaux ? On aurait pu rêver mieux comme fête de fiançailles ! La seule vraie question est de se mettre d’accord sur les conditions de réussite de la fusion.

Beaucoup de vexations inutiles ont été proférées depuis quelques mois, il faut se préparer à écouter de manière bienveillante les demandes, à priori, justifiées des uns et des autres. Je pense que c’est à nous Lillois de faire le premier pas, d’organiser des tours de table et rechercher des consensus. On a l’impression qu’aujourd’hui chacun campe sur ses positions et ça va se transformer en guerre de positions. L’heure est à la négociation.

Car que ce soit AMIENS ou LILLE, le problème n’est pas réglé pour autant. La question centrale est quelle sera l’organisation des centres de décision administratifs de la future Région. Le bureau du futur préfet est une chose mais quid des autres lieux des grandes directions régionales que sont l’ARS, le rectorat, la DIRECCTE, DREAL… La décentralisation ce n’est sûrement pas tout concentrer sur le chef-lieu de Région, si c’était cela nous aurions tout faux. La chance que nous avons est de posséder à la fois une Métropole Européenne et un beau réseau de villes moyennes où il est de plus en plus agréable de vivre. Rassembler toutes les fonctions administratives sur LILLE et AMIENS n’a aucun sens. La cour d’appel judiciaire se trouve à DOUAI et elle fêtait en 2014 ses 3OO ans, personne, heureusement, depuis le 2 octobre 1714 n’a réussi à la rapatrier sur LILLE ou AMIENS. Il y a donc à réfléchir et à trancher sur une nouvelle territorialisation de l’administration régionale où chacun serait reconnu et la qualité du service garantie.

C’est aussi à la MEL de prendre des initiatives pour aller écouter les territoires et voir comment la métropole européenne sera d’abord une métropole régionale. Il faut être sourd pour ne pas entendre ceux qui parlent de métro spoliation. LILLE n’aura pas raison contre Amiens et les autres pôles métropolitains. C’est là que la position du CESER devient pertinente quand il demande une conférence des exécutifs.

article paru dans Autrement Dit