140247

11/11/2019

Le « bon endroit » du Président

À RODEZ, le Président déclare solennellement : « Nous sommes en train de réinventer la grammaire du dialogue social...Il faut mettre les partenaires sociaux au bon endroit. » Cette évidence exprimée, pourquoi en appeler à la grammaire pour gommer la mise à l’écart progressive des partenaires sociaux au profit d’une démocratie directe avec des citoyens tirés au sort, ou comme à Rodez, avec des lecteurs de journaux régionaux.
C’est une vraie question, redondante, en France, Mais n’est-ce pas d’abord celle de l’Etat qui, lui, devrait se trouver et rester au bon endroit.

Disons le, la France est étatique, les corps intermédiaires n’y ont pas bonne presse. Même le leader du premier syndicat écrit dans un livre ne pas aimer ce mot lui préférant celui d’acteurs de transformation sociale -OK-.

Pourquoi cette soif d’Etat, jamais assouvie malgré DE GAULE et maintenant MACRON. Pourquoi les Jacobins dominent-ils toujours les Girondins ?

L’Histoire y répond. Les révolutionnaires de 1789 ne voulaient aucun intermédiaire entre l’Etat et le camarade Citoyen. Mort aux corporations, mutuelles, amicales et bien sûr religions, associations et syndicats étaient réprimés !

Il aura fallu un siècle pour obtenir les lois de 1884 sur les syndicats et le début du 20 ème siècle pour la loi 1901sur les associations. Dire que les rapports entre l’Etat et les religions ont été réglés par la loi de 1905 est, ces jours-ci, bien téméraire.

Oui, pendant un siècle, syndicats-associations et différemment les religions ont été interdits. Pendant ce siècle chape de plomb sur la démocratie sociale française, partout en Europe, le syndicalisme prospérait, notamment les trade-unions britanniques qui dominaient même les partis politiques. L’histoire du mouvement syndical, dans tous les autres pays européens, n’a pas connu pareille parenthèse. Après, nous nous étonnons, comme des vierges effarouchées, des comparaisons entre les taux de syndicalisation de l’Europe du Nord ou des pays anglo-saxons. Triste école de la République qui omet cette apprentissage historique.

Plus près de nous, à quelques mètres, en Belgique, les partis politiques laissent le champ du social aux partenaires sociaux. Au moment où MACRON s’accapare l’UNEDIC, les chômeurs belges vont chercher leurs indemnités chômage au local syndical. Pas questions d’y toucher, démocratie sociale et démocratie politique font bon ménage... enfin comme tous les ménages.

Pour en venir à cette extraordinaire réforme des retraites, il est désolant de se dire que nos concitoyens vont résumer les questions de gouvernance à une querelle d’intérêts quand il s’agit de redéfinir pour cinquante ans les rapports entre l’Etat et les organisations représentatives de ceux qui financent la répartition à savoir les salariés et les entreprises.

12/10/2019

Gagnants et perdants, comparaison n’est pas raison

Comment peut-on toujours surfer sur les peurs et les angoisses, à résumer une réforme comme celle des retraites en titrant déjà : « qui seront les gagnants et les perdants » ?

Ça ne veut strictement rien dire.
Nous pouvons être gagnants sur une mesure et perdants sur une autre.
Nous pouvons être perdant sur le montant mensuel d’une pension que nous percevrons plus longtemps avec l’espérance de vie, alors le montant total de notre retraite sera beaucoup plus important que la baisse légère de la pension mensuelle et nous serons gagnants.
Calculer la retraite sur toute la carrière pénalisera bien sûr celui qui aura eu 25 très bonnes années, mais la personne qui aura eu une carrière plane (par exemple qui aura travaillé toute sa vie au SMIC) sera gagnante, mais est-elle gagnante avec ses 80% du smic?
Dans un système injuste comme pas un, avec ses 42 régimes, qui peut penser que l’harmonisation se fera par le haut tous gagnants?
Au final, être dans un grand régime solidaire, n’est ce pas plus gagnant qu’être dans un tout petit régime déficitaire comme celui de l’opéra de Paris? C’est aussi oublier que des négociations sont en cours dans les entreprises sous régimes spéciaux, et les contreparties ne seront pas minces.

Avec un régime universel c’est l’ensemble des prestations qu’il faut comparer et c’est bien difficile , aussi l’information personnelle envoyée aux usagers sera la seule information digne de foi.
Depuis 2003 un droit à l’information retraite existe, avec un comité des usagers présidé pendant 10 ans par votre serviteur. C’est ce droit qu’il faut maintenir dans la nouvelle réforme. Pas de simulateur mais une enveloppe bleue à recevoir systématiquement chez soi.

Autre réforme où bizarrement nous ne lirons pas de tels titres. Le 24 septembre, l’UNEDIC présentait une étude d’impact de la réforme gouvernementale sur l’indemnisation du chômage.
1,3 million de demandeurs d’emploi indemnisés, soit un sur deux, la moitié, sont concernés par la baisse des indemnités. Pour 850 000 ce sera 20% en moins. Et pour le durcissement de l’ouverture des droits, ils seront 710 000, notamment des jeunes! Le leader du premier syndicat parle de « tuerie ». Insupportable. Posons la question: vaut il mieux percevoir une indemnité chômage parce que l’on a cotisé en travaillant ou se retrouver brutalement basculé dans le RSA.

Pas envie de manifester pour les retraites, par contre pour les chômeurs et les jeunes primo-cotisants, plutôt deux fois qu’une.

14:27 Publié dans Retraite | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : retraite 2019

16/09/2019

Nouvelle rentrée galère pour les jeunes, ça ne s’améliore pas

Cet été, la moutarde monte au nez des bénévoles investis dans l’accompagnement des jeunes vers l’emploi. Il n’y a pas de stages accessibles pour les ados aux parents isolés. Tous les décideurs de la région le savent, nous leur proposons directement et régulièrement des cas de jeunes « biens sous tous rapports » en quête de stage. Bernique pour les réponses! Après nous les entendons pérorer sur l’apprentissage, l’alternance et même s’indigner sur « la jeunesse ».

Dans l’Abeille de la Ternoise, un jeune a payé une petite annonce, ventant ses qualités pour obtenir un stage!! Facebook regorge d’appels de parents en détresse.

Disons le sans détours : tant que ne seront pas mises en ligne les 20 à 30 000 propositions de stages nécessaires pour atteindre les objectifs, rien de tangible ne sera réellement réalisé par les forces économiques et politiques au service de la jeunesse des Hauts de France.

Organisations patronales, chambres consulaires, qu’attendez-vous pour créer la banque régionale des stages. Où est votre « parcours sup » de l’apprentissage et de l’alternance?

Le nouveau dispositif Proch’Orientation du Conseil Régional est utile, mais sans cette banque des stages, sans une grande lisibilité « du grand service d’accompagnement à l’orientation professionnelle » qui reste à construire, rien d’efficace ne se fera.
Nouvelle rentrée galère pour les jeunes, ça ne s’améliore pas.


Comment est-ce acceptable de voir des organismes de formation blablater sur la nécessaire mobilisation des jeunes pour trouver un stage, quand, moi même, je suis incapable de les aider à en trouver.

Au plan national, l’opération « 30 000 stages pour les élèves de quartiers prioritaires » lancée par le gouvernement n’a pourvu que 10 000 stages. Preuve s’il en est besoin de la réalité du problème.

Cet été, la situation sociale des jeunes ne s’est pas améliorée. L’augmentation à près de 3% des frais de scolarité pour les étudiants, les difficultés récurrentes pour trouver un logement, les conséquences toujours néfastes de la réforme des APL, le coût des transports (obstacle majeur à la mobilité), fait que dans la région, nous voyons de plus en plus de jeunes et de parents en grande difficulté pour démarrer correctement la rentrée.

Enfin, la réforme gouvernementale de l’assurance chômage est une attaque directe aux droits des jeunes en insertion dans l’emploi. Le durcissement des règles d’accès à l’allocation chômage fait que 240 000 jeunes et précaires n’auront plus accès à l’assurance chômage. Au total, cette réforme injuste fera 3,4 milliards d’économie sur le dos des seuls demandeurs d’emplois!

14:00 Publié dans emploi, jeunes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : stages jeunes