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14/12/2018

Quel beau fiasco social!

Séduit par son analyse pertinente et sa détermination à lever les blocages de la société, jamais nous n’imaginions qu’élu, le Président instaurerait un rapport direct aussi illusoire que prétentieux avec les citoyens.

Plusieurs fois, j’ai hésité à poursuivre cette chronique. Comment parler des relations sociales quand il n’y en a pas?
Cette chronique s’engage, elle conteste le Tout État et pousse les acteurs à la libre négociation autonome notamment entre les acteurs syndicaux et patronaux. Le bilan 2018 n’est pas glorieux, la verticalité étatique triomphe, les corps intermédiaires sont dénigrés et snobés, le social ne s’exprime qu’à l’aune de la règle à calculer, l’idiote opposition anciens/modernes remplace l’obsolète droite/gauche. Quant au climat social le gâchis est énorme.

Le « en même temps » si cher au négociateur soucieux de trouver des compromis acceptables - en même temps- par toutes les parties a fait long feu tant la balance des efforts demandés est déséquilibrée.

Pour résumer concrètement cette critique, revenons au sujet des retraites. Autant l’instauration d’une CSG retraite compensant la baisse des cotisations pour améliorer le pouvoir d’achat des jeunes actifs était un acte fort et nécessaire de solidarités intergénérationnelles, autant la désindexation de la revalorisation des pensions sur les prix est une injustice inqualifiable à quelques mois d’une réforme ambitieuse.

On ne peut revenir sur cette année sans nous souvenir du choc des élections régionales, des mots et du visage expressif du Président BERTRAND ravagé par ce qu’avait exprimé la campagne et son résultat annonçant des présidentielles à très hauts risques. Il est toujours surprenant de voir comment les électeurs qui ont eu si peur du « vert-de-gris » sont excessifs dans leurs attentes vis à vis de celui qu’ils ont élu échappant au pire. Ici on s’en souvient, c’est pourquoi notre critique envers le Président MACRON, nous la faisons avec cette reconnaissance de nous avoir épargné LEPEN. Oui c’est d’autant plus difficile à vivre que nous sommes convaincus que ce quinquennat tout comme la mandature régionale sont condamnés à réussir faute d’alternative.

Comme les mots ont un sens, cette année a montré que le terme « société civile » était inopérant, il est plus juste de parler des « corps intermédiaires » ou de « société civile organisée ». L’irresponsabilité revendiquée des gilets jaunes nous montre à la fois l’impasse de toute démocratie directe et la nécessité démocratique d’un dialogue social beaucoup plus généreux qu’il ne l’a été ces dernières années. Cela s’appelle aussi la démocratie sociale.

10:10 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : retour 2018

03/12/2018

Monsieur MACRON, sans eux vous n’auriez pas été élu, sans eux vous ne pouvez pas gouverner, acceptez leur aide.

Sale semaine. À rechercher en vain une formation en alternance pour un jeune qui veut travailler dans la distribution ou le commerce. À être d’accord avec des gilets jaunes sur la question du pouvoir d’achat et refuser (à s’en faire insulter) de mettre un gilet jaune sur le tableau de bord. Pas facile d’être syndicaliste et responsable.

Comment faire pour que nos élus comprennent que mettre 500 millions d’euros (comme ça) sur la table même pour les plus modestes, ça ne marche pas. On n’octroie pas un droit, on le négocie. Dans le nouveau monde comme dans le vieux, l’Etat ne négocie pas et se coupe ainsi de ses meilleurs soutiens.

Quand les politiques n’ont pas les solutions, nous pouvons, nous devons les aider. C’est notre rôle à nous, militants des corps intermédiaires. Mais alors, comment comprendre le Premier Ministre qui le soir d’une journée de manifestations hétéroclites et dangereuses refuse la main tendue par le leader du premier syndicat du pays et réformiste de surcroît?
« Ils ne peuvent gouverner sans nous parce que l’on ne réforme pas la société sans la société », disent mes camarades.

Le Président des députés LREM s’interroge: « on est à la tâche, mais peut être qu’on a raté quelque chose », ça c’est sûr. Les libéraux politiques historiques expliquaient qu’entre l’Etat et le citoyen existait une société de gens organisés en associations, corporations ou syndicats. Le rôle de la démocratie politique est de permettre à cette société de négocier leurs conflits d’intérêts. L’Etat ne peut pas tout, c’est pourquoi démocratie politique devrait rimer avec démocratie sociale. Force est de constater que les nouveaux élus ont refusé tout dialogue avec la société. Rien n’a été négocié, tout a été ordonné ou voté.

Les militants de l’intérêt général sont toujours là, ils refusent de s’associer et encore moins de prendre la tête de cette révolte qu’ils combattent. Ils veulent trouver le compromis entre social et environnemental. Ils prennent acte avec amertume de ce qui a été fait en 18 mois, il faut maintenant les reconnaître et très vite les associer aux changements.

Il y a déjà 30 ans, au Québec, en Suède, je découvrais que l’on pouvait négocier certaines lois sociales. Plus nos sociétés se complexifient, plus les clivages s’enracinent, qui peut affirmer qu’en dehors de la négociation, il y a de bonnes solutions.

14:53 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : gilets jaunes

30/09/2018

Quand plus rien ne nous étonne, c’est que ça va mal.



Drôle d’époque, quand ce qui se décide et se réalise sous nos yeux est en contradiction avec les discours présentés comme généreux et bienveillants. Quand, blasés, plus rien ne nous étonne. Quand la plus improbable des idées fausses ou des fausses informations fait parler des ignorants avec des certitudes à nous clouer le bec.

Cette rentrée sociale d’habitude marquée par les postures syndicales est cette année marquée par les provocations et hésitations gouvernementales.

Le prélèvement de l’impôt à la source est certainement la réforme la plus emblématique de l’incapacité de notre pays à oser le changement. Une majorité de citoyens est devenue pour, le candidat MACRON l’avait promis, tous les pays développés l’ont adopté et il a suffit de voir notre Président s’interroger pour entendre tout et n’importe quoi. Non, nos impôts ne vont pas augmenter avec ce nouveau prélèvement, non nos patrons ne connaîtront pas notre patrimoine et ne prendront pas de décisions fiscales à notre place, oui le crédit d’impôt dont je bénéficie parce que je paye une cotisation syndicale ne sera pas supprimé. Oui pour l’année 2018 nous ne serons pas taxés sur nos salaires et pensions ( sur la vie nous gagnons donc une année d’imposition). Comment se peut il que celui qui se présentait comme le President le plus réformiste que l’on aie connu ne soit plus soutenu que par le patronat?

Nous avions dit combien les ordonnances travail nous avaient déçu. Les premiers chiffres confirment une baisse de 15% des recours prudhommaux. Les salariés sont les grands perdants de la réforme . Face à ce qu’il considère comme une injustice, le salarié « s’écrase » sachant que le juge ne pourra rien faire pour lui au-delà du barème dérisoire. De même certains employeurs, libérés de la peur du juge prud’homal se permettent des comportements hier jugés répréhensibles comme le rapportent les conseillers du salarié . Alors, entendre l’entourage de la Ministre affirmer que « les salariés discutent beaucoup plus, voire systématiquement, en cas de conflit avant d’aller aux prud’hommes » a scandalisé les syndicalistes les plus raisonnables.

Et comme si ça ne suffisait pas, le gouvernement ressort la question des arrêts maladie -vous savez, ces jours de congés supplémentaires - comme dit le Premier Ministre. Il pourrait, par contre, imposer le repos aux 20% des salariés qui ne suivent pas la prescription de leur médecin.

Ce gouvernement aurait il un problème avec le travail?