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18/04/2017

J’assume mon vote. Sans aucun regret et beaucoup d’espoirs.

Depuis plusieurs semaines, je sais pour qui je vais voter.

Je ne comprends pas la frilosité de certains amis à assumer leur choix. Débattre c’est utile, mais après le débat, il faut décider et être capable d’assumer son choix.

C’est peut-être plus facile pour moi qui me suis émancipé des primaires (machine à fabriquer des clans irréconciliables) et des étiquettes droite/gauche dont on m’a affublées à tour de rôle depuis 40 ans. Ce qui m’intéresse c’est le programme, le candidat et son entourage.

Un candidat bienveillant (ce qui est devenu si rare), qui m’appelle à être acteur en mettant en œuvre mes valeurs humanistes sans essayer de m’embrigader dans une posture partisane, c’est déjà beaucoup. Un candidat qui me parle d’émancipation c’est pour moi du jamais vu.

Un candidat qui a su s’entourer d’hommes comme Jean PISANI FERRI ou Jean Paul DELEVOYE, ça me ressemble bien.
Un candidat qui met l’éducation et la culture en tête de ses priorités, en commençant par diminuer le nombre d’élèves par classe dans le primaire, ça me parle quand je côtoie les sacrifiés de l’école dite de la première chance. Je ne supporte plus cette école qui ne réussit pas et se cache derrière ce qu’ils appellent les déterminants sociaux. Fils d’ouvrier, je ne suis jamais aller au lycée et accepter que cela se poursuive, NON.

Un candidat qui place le « travail » et non « l’emploi » en second chantier, çà c’est nouveau ! Oui il faut parler du travail réel, il faut, comme l’énorme enquête du premier syndicat français, vient de le mettre en évidence, revoir les conditions de ce travail que nous aimons mais qui brise encore trop d’entre nous. J’attends une clarification de ce candidat sur sa conception du dialogue social, je lui rappellerai bien volontiers que démocratie politique rime avec démocratie sociale. C’est un point faible de son programme. Quand les autres condamnent la loi travail çà veut tout dire de notre préférence de la loi sur la négociation, depuis 1789 nous aurions pu évoluer.

La modernisation de l’économie, évidemment que c’est prioritaire. Le candidat que je soutiens s’est battu contre les rentes de situation des notaires, des taxis, de la SNCF … Notre pays souffre de corporations sangsues, souvent libérales mais pas que, la modernisation de notre économie ne se fera pas sans une volonté politique très déterminée. C’est un combat à mener même s’il nous divise, le numérique ce n’est pas que le droit à la déconnection, parlons de l’ubérisation, de ses bienfaits et de sa régulation.

Voilà pourquoi c’est sans hésitation, qu’à titre personnel, je dis et je redis que MACRON est une opportunité un peu inespérée pour renouveler la pratique politique de mon pays, et LEPEN n’a rien à voir dans cette conviction.

Moi je vote POUR !

10/04/2017

Une première conférence sociale régionale très prometteuse

Le Président BERTRAND avait invité du beau monde, ce 24 mars, pour la première Conférence Sociale des Hauts de France : Jean Claude MAILLY, Laurent BERGER, leaders nationaux de FO et de la CFDT, les grands négociateurs patronaux, Alexandre SOUBOT, Jean Michel POTTIER, Alain GRISET pour le MEDEF, la CPME et l’UPA. Il a aussi réussi son pari -risqué- de leur faire accepter de s’assoir autour d’une même table pour engager un véritable dialogue social territorial.

Le directeur de TOYOTA a lancé la Conférence en nous ramenant aux réalités de tous les jours, sa première préoccupation est de replacer sans cesse le salarié au centre du jeu. Avant la technique, le process, l’important est d’obtenir l’engagement des collaborateurs. Ecouter les salariés lui parait primordial et cela passe par l’écoute active des représentants du personnel et donc du dialogue social. Se projeter sur le temps long, anticiper les transformations de l’emploi, nécessite un dialogue de confiance entre employeurs et syndicalistes et de nous expliquer comment cela se réalisait positivement dans son entreprise.

La Conférence a permis de cerner les conditions de réussite de ce dialogue territorial :

1- L’envie, la bonne volonté des acteurs ne semble plus à démontrer. Sont-ils prêts à s’engager, trouveront ils des intérêts communs ? Hormis la CGT absente, tous les partenaires sociaux régionaux se sont déclarés partants.
2- Les sujets à aborder ne manquent pas, il serait bon de commencer par ceux relevant des compétences régionales : développement économique, emploi, formation, transport.
3- Il faudrait commencer par des discussions informelles, non normatives. Si déjà, une majorité d’organisations d’employeurs et de salariés pouvaient proposer, ensemble, des préconisations, des dispositifs pertinents, des expérimentations, aux élus régionaux ce serait une grande avancée. Le canal Seine Nord est une vraie opportunité.
4- Le Conseil Régional pourrait, de son coté, solliciter l’avis des partenaires sociaux sur les mesures qu’il souhaite prendre afin d’etre plus efficace. Comme cela aurait pu être le cas pour la prime transport, les aides pour la garde de la petite enfance, etc…

En conclusions, prévoyant, dans un futur proche, une nouvelle étape de la décentralisation, Xavier BERTRAND rappelait qu’un Président de Région pouvait fort bien décider sans les partenaires sociaux. Ce n’est pas son souhait, mais à bon entendeur…

Vivement la deuxième Conférence.

03/03/2017

Pourquoi je suis « social libéral » et le revendique


Pour certains se faire traiter de social libéral serait une injure, pour moi c’est trop facile de réduire un citoyen engagé à un qualificatif politique ou syndical réducteur.

On peut, comme moi, être social libéral, social-démocrate et syndicaliste de l’engagement par la négociation.
Un militant « social libéral » c’est :

Libéral, au sens du libéralisme philosophique qui place la liberté comme un droit fondamental et intangible. Un libéral ne juge jamais l’orientation religieuse, politique ou sexuelle d’une Personne. Comme un Républicain, un libéral n’est ni de droite ni de gauche, il peut être de gauche, du centre ou de gauche.

Soucieux de la protection, de la sécurité des plus faibles, la loi du plus fort n’est pas sa philosophie.

Mais tout cela ce ne sont que des mots, l’important, comme toujours ce sont les actes.

Je suis social libéral quand je place la Personne avant le collectif. Quand je défends les droits sociaux liés à la personne. Quand au plan social, l’individu a des droits d’autant plus substantiels qu’il assume les devoirs qui vont avec. Je le suis quand je prône la retraite à la carte quand la gauche ou la droite nous oblige à partir tous au même âge à 62 ou 67 ans ! La liberté de choix oui c’est libéral !

Quand je suis un militant inconditionnel du droit à décider de sa mort sans se suicider, quand je me bats contre les médecins qui ne soignent toujours pas la douleur, quand je ne me pose aucune question devant les nouvelles formes de la famille à la seule condition que soit exclues toutes obligations ou violences, et bien je suis social libéral.

Je suis aussi social-démocrate quand la démocratie doit toujours rimer avec la protection sociale. Et que la protection individuelle est confortée par des systèmes collectifs comme la sécurité sociale. Je suis social-démocrate quand la démocratie politique respecte la démocratie sociale. Politique et syndicalisme ont des légitimités différentes, mais les deux légitimités doivent se respecter.

Cela, à mes yeux, exige un syndicalisme qui occupe l’espace du débat, de la controverse publique. Ce n’est pas le cas aujourd’hui, quand le syndicalisme ni neutre ni partisan ne trouve pas le moyen de se faire entendre.