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24/02/2017

Une Région de territoires se construit par les territoires.

Au CESER, je suis frappé par l’importance du local, de la petite échelle territoriale comme lieu d’actions, de réflexions, et de projections des habitants.

Le local n’est plus seulement le territoire des racines, des repères, celui qui rassure, il est en lui-même un levier de développement qu’une politique régionale dite de proximité doit intégrer.

Deux exemple pour illustrer ce fait.

L’environnement. Pendant que l’on tergiverse sur la circulation alternée, la réduction des vitesses ou la mise en place de mesures plus incitatives, de multiples initiatives s’inventent localement, essaiment par les réseaux sociaux et agissent concrètement sur le problème. Ainsi pendant les pics de pollution, la location de vélos entre particuliers a explosé. La Maison régionale de l’environnement doit refuser des volontaires pour les défis « famille énergétique » dans lesquels plus de 500 familles analysent leurs consommations pour diminuer les gâchis énergétiques. Les AMAP explosent et refusent du monde, les jardins familiaux se créent partout et les files d’attente s’allongent pour en posséder un…. Toutes ces initiatives mises en œuvre localement, par les citoyens, sont à effet immédiats et mesurables. Peut-on en dire autant des schémas régionaux sur le sujet par exemple ?

L’Europe ? J’étais si fier lorsque l’Eurométropole Lille-Courtrai-Tournai, en 2006, est devenue la première collectivité territoriale transfrontalière d’Europe (GECT). 10 ans après, combien de citoyens métropolitains connaissent son existence ? Quel impact concret dans leur vie ? Pourquoi ne pas avoir généralisé les cours de Néerlandais dans les écoles primaires ? Heureusement, une association de professeurs et des passionnés (la maison du Néerlandais) offrent des cours dans une petite quinzaine de collèges/lycées. Voilà une politique concrète d’ouverture à l’autre qui aurait permis, à une première génération de jeunes d’être aujourd’hui en capacité d’aller candidater sur un marché du travail en quasi plein emploi, à 20 minutes de chez eux !

Une politique de la proximité, comme la Région veut la mettre en œuvre, devrait tenir compte de ce dynamisme des initiatives locales. Avons-nous vraiment besoin d’un guichet de service public supplémentaire en territoire ou d’une Aréna ? J’ai entendu que non. A contrario, (et pour moins cher), n’est-il pas plus judicieux de venir en soutien aux acteurs de ces initiatives. Le local ne demande pas que des équipements, la Région possède des cadres de hauts niveaux, mettons en en détachement dans les territoires sur des projets portés par les forces locales.

Faire un peu moins de politique régionale mais nous aider à en faire là où l’on vit.

20:20 Publié dans CESER | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : territoires

10/06/2015

Le travail agile, une solution à multi facettes pour les entreprises et les salariés

J’ai participé à un débat passionnant au Ceser Nord Pas de Calais sur « Pour un développement maitrisé du travail agile, comme levier d’une politique régionale de dé-mobilité ».

L’engorgement de la métropole lilloise pose d’énormes problèmes pour les salariés (stress, perte de temps), pour le développement économique des entreprises et des administrations. Le travail du Ceser sur le télétravail, le travail agile, le travail nomade est donc des plus pertinents. Que la Cgt et Fo se soient abstenus sur l'avis montre le retard pris par ces organisations sur les nouvelles formes du travail salarié.

Le Ceser ne propose pas un travail 100% à distance, mais 2 ou 3 jours de travail à distance paraît une bonne base pour maintenir le lien social entre l’entreprise et ses salariés.

La généralisation de tiers lieux (type co-working) sur tous les territoires de la région devient urgent. En effet, le travail à distance ne doit pas être uniquement un travail à domicile. Ces plates formes locales où des salariés d’entreprises différentes peuvent utiliser des locaux, des outils dans une logique de lieux partagé est à l’évidence une proposition d’avenir, une réponse pertinente à la révolution du numérique.
Les préconisations du Ceser sont toutes empreintes de pragmatisme :

- L’exercice systématique du droit à l’expérimentation du travail agile par les employeurs privés et l’exemplarité de l’employeur public : l’expérimentation doit se concevoir et se réaliser dans le dialogue social
- Une aide régionale volontariste à l’accompagnement d’expérimentation du travail agile par les PME et TPE (une offre de services comprenant l’aide à l’acquisition et à l’usage d’outils technologiques, juridiques, de formations…
- La capitalisation des bonnes pratiques régionales, par le biais d’un portail collaboratif, qui pourrait être alimenté par les retours des expérimentations aidées.
- Un encouragement aux projets de tiers lieux innovants en région, adaptés au travail agile, par le biais d’un appel à projets « travailler autrement », qui pourrait être lancé dans le cadre de la Troisième révolution Industrielle
- Un maillage régional des offres de tiers lieux par une mise en réseau des différentes initiatives existantes et par une coordination territoriale des projets en cours ou à venir, dans le cadre d’une politique publique régionale, volontariste, d’animation et de développement de tiers lieux dans les territoires.

Il s’agit maintenant de mettre en œuvre ces préconisations car si 20 à 30% des salariés de l’Europe du Nord pratiquent le travail agile, ils ne sont que 14% en France et … 7% seulement dans le Nord pas de Calais.

Merci à Yannick Ghoris, le rapporteur issu de la CFDT pour son excellent travail que vous pouvez vous procurer sur le site du Ceser Nord Pas de Calais.
www.ceser.nordpasdecalais.fr

01:16 Publié dans CESER | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : travail agile

04/07/2014

La démission du CESER Nord Pas de Calais

Le Conseil Régional a débattu de notre organisation territoriale et le CESER est resté muet,silencieux, inerte.

J'en suis meurtri et consterné. Pour deux raisons: nous pouvions prendre une position courageuse et parce que la majorité qui a soutenu la présidence DEGROOTE a fait défaut.

Oui, nous pouvions être courageux! Devant l'unanimisme des élus régionaux, j'avais proposé de " prendre acte" du statu quo territorial, ce qui nous évitait de nous diviser sur le périmètre, mais je refusais "l'immobilisme" et appelais au débat. Je reprenais la première préconisation de notre avis du CESER, voté à l'unanimité en 2009, sur les partenariats renforcés avec les belges et les picards. Je prenais acte de la fin mille fois annoncée des conseils départementaux pour dire qu'il fallait travailler à la mise en œuvre future de la compétence sociale (qui est quand même, pour un syndicaliste, la moindre des choses). J'avais avec les compétences réaffectées, parlé des agglos. Je souhaitais une métropole aux compétences élargies.

Tout cela a été balayé, laminé, avec cette argumentation qu'il fallait encore débattre, qu'il fallait attendre, quand comprendrons nous que les trains vont maintenant à très grande vitesse?

J'ai rencontré le président du CESER Picardie, nous connaissons la position du Président Regional Picard, avons nous le droit de balayer d'un revers de main arrogant leurs approches?

Mais peut être que tout le monde s'en fout. Peut être qu'il est urgent d'attendre.

10:35 Publié dans CESER | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : ceser régions