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19/11/2017

Quand les DRH se forment à Sciences Po sur le management des relations sociales.

La formation continue intéresse aussi les DRH. Ainsi le département formation continue de Sciences Po LILLE propose depuis plusieurs années une formation de 130 heures aux Responsables des Ressources Humaines désireux de se perfectionner dans la pratique des relations sociales.

C’est regrettable, mais les formations en ressources humaines sont essentiellement juridiques, basées sur la gestion individuelle des parcours professionnels. Or, l’actualité c’est avant tout la gestion, à la fois des règles mais aussi des comportements des acteurs, du dialogue social.

Abreuvés de littératures juridiques sur les ordonnances travail, les DRH sont bien démunis pour savoir par « quel bout » prendre langue avec les délégués syndicaux. Les mêmes qui hier se plaignaient du trop plein de réunionites institutionnelles, renâclent (et c’est peu dire) à l’idée de rationaliser le temps passé dans les instances DP-CE-CHSCT. Le CSE, nouveau Comité Social Economique, instance proche du modèle allemand percute la vieille culture commune DRH/délégués syndicaux.

Le bouleversement des relations syndicales en particulier avec la CFDT (avec le temps les DRH avaient appris à gérer la CGT) et la nouvelle mesure de représentativité, mais aussi les stratégies zigzag de FO et de la CGC, inquiètent les Responsables des Relations Sociales.
En ces domaines rien ne s’improvise ! Et même si souvent la préparation d’une NAO (négociation annuelle obligatoire) se fait sur un coin de table, toutes les entreprises un peu dynamiques, ont compris qu’un diagnostic approfondi préalable était nécessaire.

Les responsables de Sciences Po LILLE ont perçu ces évolutions, ils proposent une formation certifiante Sciences PO intitulée « Pour un management actif du dialogue social ». L’originalité de cette formation basée sur des mises en situation est coanimée par un tandem d’anciens DRH et Responsables syndicaux devenus consultants, leur expérience incontestable légitime les méthodes et techniques utilisées. Réaliser un diagnostic et un plan d’actions des relations sociales, décider d’une stratégie d’action dans le contexte actuel, est un objectif de cette formation. L’implication des enseignants Sciences Po sur la médiation, les négociations internationales, la gestion de conflits (retour à la paix), les cultures continentales de la négociation… permettent d’élargir la culture des auditeurs.

Nous pouvons être fiers de posséder dans notre région une telle formation. Mais les employeurs ont-ils compris que le management du dialogue était aussi stratégique ?

08:23 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : sciences po

10/10/2017

Temps long et solidarités intergénérationnelles.


Rarement les décisions prises dans l’immédiateté sont justes et solidaires. Par contre la prise en compte du temps long oblige à penser aux générations futures. Plusieurs décisions du gouvernement prises pour raisons budgétaires de court terme sont très discutables comme la diminution des aides au logement ciblant 800 000 étudiants. Ne pas faire le canal Seine Nord serait aussi priver les futures générations d’un outil nécessaire pour leur développement.

L’une des caractéristiques de ce « nouveau monde » qui nous perturbe tant est bien la nécessité de penser ce nouveau monde en intégrant les conséquences sur le long terme des décisions que nous prenons. Si le « vieux monde » avait pris en compte le temps long, nous aurions pu anticiper les problèmes de financement des retraites, l’afflux des étudiants à l’entrée de l’université...
Le plan d’investissement de 57 milliards sur 5 ans décidé par le gouvernement va dans ce sens. La transition écologique, le développement des compétences, les transports durables (tiens tiens), tous ces chantiers visent à préparer l’avenir.

Ce gouvernement qui a plus de mal à expliquer sa politique que le Président, hier, son programme, vient donc de décider d’injecter 6,7 milliards d’euros pour la formation d’un million de jeunes et le renforcement de plusieurs dispositifs d’insertion comme les écoles de la deuxième chance, si l’on ajoute à cela 7 milliards pour la formation d’un million de chômeurs faiblement qualifiés, voilà des mesures très attendues qui mériteraient une plus grande médiatisation. Les jeunes des E2C des Hauts de France ne le savent pas mais voilà une très bonne nouvelle ajoutée à la politique volontariste de leur Conseil Régional.

Retraité, je n’ai pas manifesté avec les retraités. Je suis même vent debout contre tous ceux qui refusent de dire qu’entre les retraités et les jeunes, sans hésitation, il faut donner la priorité aux jeunes. Il est des moments où notre société vieillissante n’assume pas ses responsabilités envers ses enfants et petits-enfants. Le taux de pauvreté des retraités est en dessous de 10% (oui il faut revaloriser le minimum vieillesse), mais celui des jeunes est au-dessus de 18% ! et celui de l’ensemble de la population est à 14%. Qu’attendent les politiques et les journalistes pour expliquer ces chiffres. Les retraités ne sont pas des nantis mais baisser les cotisations des actifs (qui quand même cotisent 25% de leur salaire pour financer les retraites) et en contrepartie augmenter la CSG me semble être une politique de justice sociale.

Maintenant, affecter une partie de cette CSG à la prestation autonomie aurait vraiment été digne du « nouveau monde ».

30/09/2017

Du bon et du moins bon dans le nouveau paysage syndical.

Après cette séquence sur les ordonnances, pour les syndicats, il y a du bon et du moins bon.

Le bon : les syndicats réformistes, déjà majoritaires en représentativité, se renforcent avec FO. Les relations syndicats/gouvernement sont enfin devenues matures et ont conduit tous les syndicats, sans exception, à se parler et se concerter ; ce ne sera pas superflu car avec la suppression du paritarisme aux ASSEDICS, le bigbang de la formation professionnelle et l’unification des règles de calcul des retraites, c’est à une boulimie de réformes que MACRON invitent les syndicalistes.

Le moins bon : la concertation a clairement donné l’avantage aux employeurs, un coin a été enfoncé dans le monopole syndical dans les TPE PME, les règles de loyauté dans la négociation sont toujours absentes. Le MEDEF est plus lobbyiste que jamais.

Passons en revue chaque syndicat :

La CGT continue à masquer ses divisions par un surcroit de contestation, concurrencée par France Insoumise.

La CFTC, comblée d’avoir sauvé sa représentativité, monnaye son appoint, décisif, pour la signature d’accords majoritaires.

La CGC (à égalité avec la CGT, 7 points derrière la CFDT dans l’encadrement) se cherche une énième stratégie, elle cultive le mécontentement et refuse l’étiquette de réformiste.

FO a tiré (semble-t-il durablement) les leçons de son positionnement contre la loi EL KOMRI, effectuant un revirement à 360 degrés sur les ordonnances droit du travail. Même si en interne ça tangue (plus de la moitié des unions départementales), J C Mailly veut transmettre le témoin à Pascal PAVAGEAU sur une ligne syndicale réformiste. Gouvernement et employeurs vont vite vérifier la fiabilité de leur interlocuteur.

La CFDT, profondément déçue de l’arbitrage gouvernemental sur les ordonnances, est l’organisation qui avait le plus travaillé ses 50 pages de propositions. Elle qui, seule, a appelé « à voter Emmanuel MACRON » n’a pas été entendue sur les deux marqueurs plébiscités par ses militants, à savoir le monopole syndical pour négocier et avancer vers une codétermination à l’allemande. La CFDT qui travaille sur le temps long sait que gouvernement et patronat ont besoin d’interlocuteurs fiables, mais elle ne mettra plus jamais en cause sa cohésion interne encore renforcée suite aux ordonnances.

Jamais la France n’a eu l’expérience d’avoir comme premier syndicat un syndicat réformiste qui pèse plus de 30%. La CFDT veut rassembler 10 000 militants à Paris, le 3 octobre, on sait qu’ils sont capables de soutenir les réformes mais il ne faudra plus les décevoir.