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22/03/2020

Marre de défendre des imbéciles

Le révélateur de tous nos maux,
ou comprendre comment, un militant, peut parfois en avoir marre de défendre des imbéciles.

En 1969, 8 jours après avoir été élu représentant du personnel, je dis à mon responsable syndical : « les gens me prennent pour un con », il me répond: « t’as pas fini, sais tu ce qui est plus biête qu’un gin ? ...deux gins et nous on a décidé de les défendre tous! Ché comme cha ». Depuis, j’ai été servi.

En voyant les gens s’embrasser le soir des élections, en refusant de participer à la cohue sur le PQ de mon Intermarché, en entendant les « tu ne vas quand même pas croire à ça », je me suis surpris à penser que j’ai toujours défendu ces personnes irresponsables et insouciantes.

Mais aujourd’hui, sans rien regretter de 50 ans de militantisme solidaire et je crois responsable, ce n’est plus un coup de gueule mais une grosse engueulade du syndicaliste que méritent celles et ceux, qui, à cause de leur comportement font que je peux mourir et que d’autres mourons.
Au moment où ces lignes sont écrites, un conseil éthique, est chargé de dire comment faire, si nécessaire, le tri entre les grands malades pour accéder aux soins avec entubage, soit vivre peut être ou mourir sûrement. Ce n’est pas facile à dire mais ce sont nos morts qu’il s’agit d’éviter et ce mercredi certains n’y croient toujours pas.

Ces grandes pandémies sont dues à des choix de société et de développement, même le Président MACRON dit vouloir les remettre en cause. Mais aujourd’hui, la preuve en est dramatiquement faite, le changement de société est une fumisterie si nous ne changeons pas d’abord nous mêmes nos attitudes, nos comportements. Il s’agit d’éthique personnelle , d’éthique dite de la responsabilité, si peu enseignée . Et ce n’est facile pour personne. Le changement est d’abord entre nos mains réunies dans un même sursaut de solidarité et de responsabilité.


Une société individualiste et de défiance qui court à sa perte.
La défiance, ce fait de ne plus faire confiance à toute autorité politique, scientifique, morale, conduit à faire confiance à des charlatans. Comme tous ces posts diffusés sur Facebook « je vous fait suivre le message d’une chirurgienne.. » dont personne ne connaît le nom expliquant qu’il faut boire de l’eau chaude pour se préserver. Message relayé par des proches. Comment a t’on pu raté cette éducation rationnelle du bien vivre ensemble.Les mesures les plus efficaces, se laver les mains, éternuer sous le coude, un mètre de protection...auraient dû être apprises dès le plus jeune âge, c’est un échec collectif.

L’individualisme exacerbé, imagé par le premier de cordée, nous a conduit à des comportements passifs consistant à tout attendre des autres, d’injonctions hiérarchiques ou de la loi. Le mortel du « j’ai le droit » des enfants à qui nous ne savons plus répondre, au mortel « on ne nous dit pas tout » à quoi on n’ose même plus répondre, font les ravages que nous connaissons. Restaurer la confiance dans les institutions comment est ce encore possible?


Ayons une pensée pour les maires nouvellement élus qui, aux pieds des immeubles des quartiers relevant de la politique de la ville n’ont aucune solution pour alléger les conséquences du confinement ressenti comme une maltraitance par ces familles défavorisées contraintes de vivre déjà dans la promiscuité.

Oui, il est l’heure de revoir de fond en comble nos façons de vivre. Nous savons encore plus maintenant que ce sera très,très difficile.

12:29 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : defense

10/03/2020

L’école de la deuxième chance devient le Campus de La remotivation

L’ école de la deuxième chance du Grand Lille est née de la volonté de Bruno Bonduelle, alors Président de la CCI Grand Lille entouré d’une poignée de femmes et d’hommes très engagés. Après plus de 10 ans d’activité, l’école s’est remise en cause.

Les e2c sont reconnues comme un des dispositifs de réinsertion les plus efficaces en France, selon les rapports du Sénat, de la Cour des Comptes, de la DARES … ce qui en dit long sur leur efficacité.

Et pourtant, malgré ces constats et les success story qu’on peut trouver dans les e2c, celles ci pourraient être en difficultés pour trois raisons :

- La pluralité des difficultés sociales encore plus accrues chez les jeunes non qualifiés.
- La difficulté de croire en une école fut-elle de deuxième chance pour ces jeunes quand l’école de la République n’a pas su ou voulu répondre à leurs personnalités et spécificités.
- La pédagogie des e2c a été copiée-collée par les pouvoirs publics, dans leurs appels d’offres de formations créant une fausse concurrence entre les opérateurs.

Devant ces constats, les administrateurs de l’e2c Grand Lille ont décidé de réadapter leur école en profondeur. Convaincus que la motivation existe nécessairement chez ces jeunes non qualifiés mais qu’il faut aller, à nouveau, la rechercher, ils ont créé avec les salariés « le Campus de la Re motivation ». On ne parle donc plus d’école, tant l’école traditionnelle est définitivement rejetée, disqualifiée par les jeunes concernés.

Le Campus est aujourd’hui l’une des formes les plus abouties de ce que l’on peut proposer aux jeunes non qualifiés car il part de la liberté pédagogique encore possible dans les e2c, de leur capacité de réagir aux changements et de leurs liens ténus avec le monde économique.

Le Campus doit répondre au premier problème dit du sourcing, car ces jeunes ont décroché de tout, au point d’être devenus « invisibles » aux institutions qui en ont la charge. Le Campus, c’est une organisation qui n’attend pas les inscriptions mais considère que sa responsabilité est de trouver en propre les moyens d’aller chercher ces jeunes et surtout de ne pas les perdre dans les premiers jours comme c’est trop souvent le cas. Les sept premières semaines ont donc été repensées pour s’assurer de l’ancrage du jeune sur cette deuxième chance si exigeante après de longues années d’inactivité.

Le Campus répond à un souci encore plus grand d’accompagnement et d’individualisation avec le Plan Individuel de Motivation, les PIM, véritables boussoles de l’insertion vers l’emploi. Beaucoup plus inconfortables que les anciens plannings collectifs, ces PIM exigent une souplesse et une réactivité de tous les instants. On ne parle plus de formateurs mais de référents, tous les salariés du Campus sont des référents.

Pour susciter l’envie d’apprendre chez ces jeunes, le Campus permet au stagiaire de se substituer au formateur en s’appropriant de nouvelles méthodes d’apprentissage. Il donne la possibilité à ces jeunes, de suivre des formations plutôt destinées à des diplômés (philosophie, joutes oratoires …)

Pour en savoir plus contactez moi.

21/02/2020

Candidats par tirage au sort

Tout le village se moquait de cette réunion à la mairie de Rollancourt dans le Ternois, 370 habitants dont un peu plus de 200 électeurs, où 8 hurluberlus ont tiré au sort sur la liste électorale leurs co-listiers. Ils avaient quand même précisé, que les tirés au sort pouvaient refuser d’être candidats. Pas si hurluberlus que ça quand on voit, au plan national, le nombre de listes constituées en partie, parfois par moitié, au tirage au sort.
Les listes dites citoyennes se multiplient et profitent de la campagne pour essayer de co -construire leurs programmes. Ce serait le moyen d’inventer une pratique démocratique complètement participative.

Désigner par un vote avant les élections la composition des listes et les délégations des adjoints, voter comme à LOOS EN GOHELLE en toute connaissance qui sera maire si le changement est prévu en cours de mandat, est un bon moyen de gérer tous les égos qui empoisonnent les débats politiques. Comment ne pas être choqué du spectacle donné par les déchirements des équipes sortantes comme à LAMBERSART ou SAINT ANDRÉ ou devant les 7 listes d’anciens socialistes roubaisiens là où 60% des électeurs ne votent pas ou plus. Les citoyens refusent de cautionner ces guerres d’égos et la démocratie en pâti.

Gouverner autrement avec des gouvernances ouvertes ou partagées, multiplier les réunions d’information ou les référendums de quartier, tout cela nous est promis. Initier des décisions temporaires soumises à évaluation des usagers, créer des groupes de travail thématiques, renouveller périodiquement les conseils d’usagers, de jeunes ou de seniors, autant d’heureuses pratiques à généraliser.

Si les partisans de la démocratie représentative, dont nous sommes, n’opposent pas représentation et participation, force est de constater l’essoufflement quand ce n’est le rejet de nos pratiques politiques, syndicales ou associatives de « dirigeants élus ». Il est donc urgent de renouveler nos façons de représenter les gens qui votent pour nous. Mais attention à ne pas promettre ce qui ne sera ou ne pourra être tenu. L’idéalisme deviendrait démagogie. Nous ne sommes pas dupes non plus des stratégies marketing surfant sur une bonne vague.

Ne pensons pas supprimer la méfiance quand ce n’est la défiance démocratique par de simples mesures de forme ou d’habillage. La Politique c’est l’art de gérer la cité, le fond restera toujours plus important que la forme, par exemple à quoi aura servi la longue phase de concertation si la réforme des retraites est un échec. Ne confondons pas les objectifs et les moyens.


En conclusion nous affirmerons que l’efficacité politique, les réformes ambitieuses, la qualité des programmes, ne justifient pas la verticalité arrogante ou les passages en force et encore moins les fausses promesses d’être écouté.