140247

15/11/2016

Ce pouvoir d’achat que l’on ne sait plus négocier.

Pour la troisième année, les retraites ne seront pas augmentées. L’absence d’inflation en est la cause. Indexées sur les prix, quand les prix n’augmentent pas les retraites n’augmentent pas. Les retraités ont la garantie du maintien du pouvoir d’achat ... le problème c’est que ceux-ci n’en sont pas convaincus.

Les salaires évoluent, eux, bon an mal an, de 1%. Les taux de productivité sont évidemment bien supérieurs. La France est connue pour avoir l’un des meilleurs taux de productivité au monde.

Certains contestent la pertinence de l’indice des prix, j’en fait partie. Pourquoi utiliser le seul indice de référence avec ou sans tabac, quand il n’y a rien de commun entre la consommation d’un salarié payé au smic et celui d’un cadre de direction. Entre ce que consomme mon petit fils et moi retraité. Nous sommes décidemment des frustres. Il existe pourtant de nombreux indices de consommation, par âge, par niveau de revenu, par région, tous calculés avec précision par l’INSEE. Pourquoi DRH, syndicalistes, ministres, ne les utilisent pas ? À une époque où les théories de la complexité font fureur, les augmentations de nos salaires et de nos retraites sont négociées avec un outil préhistorique.

Par ailleurs, le concept de « rémunération globale » existe depuis des décennies. On le sait, après les augmentations générales (peanuts) et les augmentations individuelles, il n’y a plus rien à négocier. Pourtant l’entreprise et le salarié financent le logement, la santé, le transport… autant de postes importants des indices des prix sur lesquels existent des marges de négociation.

Prenons le poste « télécommunication », bien utile pour le travail, il représente 2370€ par an, soit 6% du budget moyen, 70% de ces dépenses sont des abonnements et redevances. Je connais une entreprise qui a négocié avec son opérateur un contrat groupé, les syndicats ont signé l’accord.

Il existe aussi la prime transport payée par le Conseil Régional que les entreprises refusent d’abonder.
Et que penser de ces situations scandaleuses comme celle des salariés d’Euralille qui, travaillant en seconde partie de nuit, sont obligés d’utiliser leur véhicule personnel, je tiens à la disposition de Martine AUBRY et Gérald DARMANIN, leurs contraventions à répétition car évidemment si leurs employeurs offrent un ticket parking aux clients ils le refusent pour leurs salariés !!

Aussi j’applaudis quand Xavier BERTRAND dit « il y a un réel problème de pouvoir d’achat ». On peut rajouter « et un terreau fécond pour LEPEN ».