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24/08/2014

La bonne parole de Jean Paul Delevoye aux partenaires sociaux

A l’occasion de la conférence sociale, la dramatisation très médiatisée d’une rupture annoncée entre les acteurs sociaux sacrifie, sur l’autel de la performance économique ou de la solidarité, en réalité l’essence même de notre pacte collectif.

Il nous faut retrouver l’esprit qui a nourri le Conseil National de la Résistance pour bâtir un contrat garantissant un bénéfice individuel pour les travailleurs et un bénéfice collectif pour la société.

Le dialogue est un moyen permettant de passer d’une communauté de conflits à une communauté d’intérêts et de compromis.

Le dialogue se nourrit d’espérance, de respect, de dynamique. Il s’autodétruit s’il ne dépasse pas les antagonismes. Notre société a besoin d’être apaisée et rassurée au quotidien et mobilisée sur son futur.

Les citoyens attendent de leurs responsables syndicaux et politiques, non pas qu’ils défendent l’avenir d’un système garant de leur pouvoir, mais qu’ils éclairent et bâtissent un avenir où chacun aura sa place.

La réforme est nécessaire à condition de ne pas injurier l’avenir, ce n’est pas un reniement, ni un prix à payer, c’est une responsabilité.

Jean Paul Delevoye
Président du CESE

18/06/2014

Plus on est proche des syndicats moins on s'abstient aux élections

Le vote aux européennes selon la proximité syndicale

Pour en savoir plus :
http://clesdusocial.com


Aux élections européennes, avec une participation moitié moindre (42 % au lieu de 80 %
aux présidentielles), on constate d’abord que l’abstention a été bien plus forte chez les
salariés (64 % au lieu de 58 % dans le corps électoral), et surtout chez ceux et celles qui ne
se sentent proches d’aucun syndicat (69 %). Il faut rappeler ici que l’abstention a été de 73
% chez les moins de 35 ans, de 70 % dans les foyers gagnant moins de 20 000 euros bruts
par an, de 69 % chez les chômeurs, 68 % chez les employés et 65 % chez les ouvriers.
Triste, mais lucide constat.

En revanche, les salariés qui se sentent proches d’un syndicat se sont davantage
mobilisés (47 % d’entre eux ont voté), et parmi eux d’abord les proches de la CFDT (55
%, + 13 points), dont on connait l’engagement européen ; mais à l’inverse, les salariés
proches de FO, syndicat très critique à l’égard de l’Union européenne, ont moins voté (39 %,
- 8 points)

09/06/2014

La politique de l'offre divise le syndicalisme

Le syndicalisme international a été fortement influencé en matière de politique économique par le keynesianisme. Keynes considère que le chômage est notamment dû à l'insuffisance de la demande de biens et services, il considère par ailleurs que le salaire est un déterminant important de la demande. Comme, en plus, cet économiste britannique défendait le syndicalisme, ses travaux ont longtemps été relayés - souvent de manière trop simpliste- par les syndicats.
On peut résumer ainsi le discours syndical: il faut augmenter les salaires, les retraites, les allocations et indemnités sociales,ce qui stimulera la consommation, provoquera ainsi une demande de biens qu'il faudra produire en créant des emplois. Nous comprenons alors la propension syndicale à défendre la "demande" avant "l'offre".

Le syndicat français qui se réfère encore aujourd'hui aux théories de Keynes est Force Ouvrière. Jean Claude MAILLY n'hésite pas à qualifier FO comme le syndicat de la fiche de paie. Pour FO la relance de la consommation est une priorité. Il n'est donc pas étonnant de voir ce syndicat vent debout pour contester la politique gouvernementale qui a fait le choix de l'offre et non de la demande.
La CGT soutient le même raisonnement sur l'augmentation des salaires mais insiste, en plus, sur le rôle décisif de l'Etat pour lancer une politique de grands travaux qui génèrera de l'emploi. La CGT refuse avec virulence le pacte de responsabilité.

La CGC qui s'est recentré sur la défense des classes intermédiaires est aujourd'hui très préoccupée par les hausses d'impôts et refuse la modération salariale notamment des cadres. La CGC défend le concept de TVA sociale.

Restent la CFDT et la CFTC, ces deux syndicats considèrent que la croissance n'est plus autant créatrice d'emplois que par le passé. La CFDT pense même que la croissance sans emploi est possible, elle insiste donc sur une nouvelle conception de la croissance basée notamment sur la transition énergétique et la réponse à de nouveaux besoins sociaux. Ce syndicat ne conteste pas la politique de l'offre sous tendue par le pacte de responsabilité et de solidarité. C'est même le syndicat qui demande à ses négociateurs d'entreprise de s'emparer du CICE pour demander des comptes aux employeurs sur l'utilisation des 30 milliards de baisse du coût du travail. Dans ses argumentaires pour les NAO ( négociations obligatoires sur les salaires), elle insiste sur les crédits affectés aux investissements, aux formations qualifiantes voire aux politiques d'innovation. La CFDT relaie la demande de la Ces ( confédération européenne des syndicats) pour un plan européen de grands investissements.

Pour résumer, parmi les 3 principaux syndicats, CGT et FO s'arqueboutent sur une relance par la demande et refuse la politique de l'offre nouvellement prônée par le gouvernement. La CFDT est beaucoup plus interrogative sur le lien croissance emplois et milite pour une modernisation de notre appareil productif ce qui la conduit à soutenir la politique de l'offre.

01:02 Publié dans syndicats | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : syndicalisme