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22/06/2020

Un « plan » régional? Sûrement pas pour rebondir comme avant, place au courage politique, syndical, associatif et ... patronal.

Toutes les collectivités y vont de leurs plans de relance. Ne nous laissons pas prendre à cet engouement bien français qui préfère les plans d’aides immédiates aux réformes. L’après crise appelle à des transformations profondes et une ré-hiérarchisation des priorités.

La Région, qui possède la compétence économique, est certainement la plus légitime à proposer non pas un plan mais son projet pour aider tous les acteurs à reconfigurer leurs propres projets de développement dans ce que tous ont appelé « le monde d’après ». Nous sommes tous engagés par nos belles paroles de changement. Aux actes, citoyens!

19 Présidents de Région ont demandé des compétences accrues dans une nouvelle phase de décentralisation, la crise a démontré la capacité des Régions à réagir rapidement et à compenser les lacunes de l’Etat, le futur contrat de plan doit acter ce rôle accru des régions sur l’économique, le social, la santé et le médico-social, la jeunesse et la formation.

Mais ce qui doit transcender toutes les mesures est la reconnaissance du rôle irremplaçable de celles et ceux dont le travail est apparu indispensable. Le social au cœur du rebond économique régional, avant les aides dites économiques!

Beaucoup de Hauts Français, en premier lieu des enfants et des jeunes adultes, ont eu faim. N’oublions pas le drame de l’arrêt des cantines et des resto´U. N’oublions pas les queues encore actuelles devant les aides alimentaires, les épiceries solidaires, les CCAS. Le plan régional doit être social! Et le social c’est d’abord de la reconnaissance. Nous manquons de cette reconnaissance passage obligé du retour à la confiance.


Oui, DARMANIN, BERTRAND, comme les syndicats ont raison, il y a, un grave problème de pouvoir d’achat. Un plan qui n’aiderait que les entreprises ne serait pas compris. Comment aider les employeurs à mieux rémunérer les petites mains encensées pour leur nécessité. L’exécutif régional doit réunir les partenaires sociaux et les inviter à négocier un accord territorial d’un meilleur partage des richesses produites. La Région a déjà beaucoup fait avec les primes transport, pour les PME-TPE, apprentissage...comment les entreprises abondent ces aides et en initient de nouvelles? Les Politiques régionaux peuvent booster la lutte contre les inégalités, s’ils ne le savent pas, nous pouvons leur rappeler.

Sans se payer de mots, le moment est venu de prouver la responsabilité sociale des entreprises, accompagnons les.

Nous attendons aussi quelques mesures nouvelles:

30% d’interventions supplémentaires des forces de l’ordre dès la première semaine de confinement, nous nous devons de protéger les enfants et leurs mamans contre toutes les formes de violences. Une vice présidence aux droits de l’enfant pourrait être créée en lien avec le Préfet et les Départements pour booster les mesures déjà prises.

Et puis, pourquoi le Conseil Régional n’aiderait il pas à déconfiner l’Education Nationale? Après la catastrophe éducative de milliers d’écoliers, collégiens, lycéens et étudiants qui étaient déjà en difficulté et ont perdu 3 mois d’enseignement sans que cela n’irrite grand monde, l’école enfin déconfinée doit s’ouvrir à d’autres sachants: culturels, citoyens, sécurité, patrons, ouvriers ...
Fini les locaux dits pédagogiques obligeant l’élève à écouter les mêmes enseignants tous assis dans la même pièce. Le dispositif 2S2C ( sport, santé, culture, civisme) ne doit pas être réalisé par les enseignants. Aidons les citoyens à entrer dans l’éducation nationale.

Le télétravail enfin reconnu nécessite des aides publiques pour équiper les logements actuels et futurs aux fonctionnalités du travail à distance. La MEL est évidemment aussi concernée, que propose t’elle?.

Trop d’enfants et de parents se sont retrouvés dans des logements inadaptés aux devoirs et au télétravail, il faut favoriser les rotations entre habitants, c’est l’idée de l’usage progressif des logements, les besoins évoluant avec l’âge. Des aides permettraient cette rotation vertueuse entre générations tout en respectant les choix de chacun.

La relocalisation des productions stratégiques ne sera qu’un leurre à naïfs si nous ne créons pas les conditions pour une fabrication locale, durable et financièrement acceptable des produits concernés. Sans l’aide et l’ingénierie des collectivités, ces conditions ne seront pas réunies. L’économie sociale et solidaire devrait être en première ligne pour proposer des projets socialement innovant... n’est ce pas leur raison d’être?.

Arrêtons là la liste des préconisations permettant de répondre aux faiblesses que nous a révélé la crise du Covid. Le CESER et d’autres y travaillent, prenons le temps de les écouter.

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