140247

26/06/2020

L’aube et le crépuscule

Il y a des instants où la vie s’égaye comme à nul autre moment pareil. Ces jours-ci, vers cinq heures puis après vingt deux heures, nous pouvons, comme les poètes, écouter la vie s’égosiller dans le chant des oiseaux qui annoncent le retour de la vie puis l’arrivée de la nuit. Ces deux moments clés de la vie sont aussi les plus dangereux pour les plus faibles, les plus vulnérables.

Depuis15 ans, ici, nous défendons les solidarités intergénérationnelles en insistant sur le fait que ce sont les jeunes et les très âgés qui payent le plus lourd tribut à la fin de l’Etat Providence.

Les très vieux, (85 ans), sont, excusez l’injure si commune, « placés » dans des maisons où suivant leurs revenus ils seront plus ou moins enfermés et privés de liberté. On nous dit que c’est normal et même que c’est pour leur bien! Pourquoi alors préférons nous mourrir qu’être placés?

Ce sacré virus et la crise qu’il nous fait subir, a révélé comme jamais nous aurions pu le démontrer, combien ces constats sont d’actualité et surtout vécus durement par les jeunes et les très vieux.

Nous attendons, à ce sujet, avec impatience le très gros travail, réalisé à marche forcée, par le CESER sur cette « Région d’après» tant rêvée, sur ce « chemin » déjà si compliqué à baliser.

Parlons de nos aînés. A force de demander tout et n’importe quoi à l’Etat, nous avons gagné sept pages de consignes nationales sur le déroulé de la visite de nos parents en EHPAD!. Mais que penser de ce refus de pouvoir tenir la main de notre maman ou papa au moment de mourir, c’est hallucinant d’inhumanité ! La hiérarchisation entre l’humanisme et l’hygiénisme ont placé la frousse du procès avant l’amour des personnes. Ce n’est pas seulement le crépuscule de la vie, c’est le crépuscule de nos valeurs humanistes.

Comment après ce que nous avons fait à nos vieux parents, parler des violences perpétrées contre les enfants, sinon se référer à Geneviève AVENARD, Défenseuse des enfants, « les enfants ne sont pas des adultes miniatures, mais des personnes et des sujets de DROIT à part entière ». Leurs droits de la convention internationale des droits de l’enfant sont où ?

Les enfants ont été la variable d’ajustement pour gérer l’économique et le confinement, la responsabilité des familles a été sollicitée de manière abusive. Trop, beaucoup trop, de jeunes ont décroché, des milliers d’enfants et d’étudiants ont eu et ont encore faim. Avons nous conscience de la détresse psychologique engendrée par le report hypothétique, puis la suppression des examens ou des concours, la suppression des longs stages validant une année universitaire ou de grande école. L’insupportable fut de les laisser dans l’ignorance!

2 enfants sur trois ne partaient déjà pas en vacances. Et maintenant nous devrions comprendre qu’il est normal de supprimer 85% des colonies de vacances. Mais ça va péter !
Les jeunes déjà harassés pour trouver un job saisonnier savent qu’ils ne sont pas prioritaires, comment vont ils subvenir à leurs besoins à la rentrée.
C’est le Préfet, lui même qui dit que dans les années 70 arriver au campus de Villeneuve-d’Ascq c’était le paradis, aujourd’hui c’est plutôt l’enfer. Et nous, nous serions trop excessifs dans nos propos!

La chaîne des générations craque sous nos yeux...

18:00 Publié dans A lire | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : générations

Écrire un commentaire

NB : Les commentaires de ce blog sont modérés.