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30/03/2015

Le droit à la déconnexion des outils numériques.

Il n'y a pas besoin d'une loi pour protéger les salariés des abus professionnels dus à un usage excessif des nouvelles technologies de l'information, le droit du travail notamment sur les horaires de travail suffit. La jurisprudence de la cour de cassation stipule qu'un salarié ne peut être sanctionné pour ne pas avoir répondu à un appel téléphonique de son employeur en dehors des heures de travail, sauf à les payer en heures supplémentaires. Ce sont les entreprises qui doivent encadrer les usages du numérique.
Quelques principes de bon sens devraient guider les pratiques managériales. Si séparer vie privée et vie professionnelle est impossible, la conciliation entre les deux est une exigence. Il est de la responsabilité de l'employeur de négocier des chartes mais ces chartes sont trop souvent des textes non opposables d'où la nécessité de les annexer au contrat de travail.

Faut il rappeler ici les coûts sociaux mais aussi économiques des excès de stress au travail pouvant conduire au burn out.

Je voudrais aussi parler de la pression des collègues. Lors d'une de mes interventions conseil en entreprise, j'ai surpris ce genre de discussion un lundi matin, "hier je t'ai envoyé plusieurs mails et SMS, pourquoi ne m'as tu pas répondu?" "J'étais déconnectée comme tous les dimanches", j'ai alors été surpris des réactions du groupe exprimant son désaccord avec cette pratique " imagine que nous fassions tous cela, bonjour le temps perdu le lundi matin à lire les mails du WE, moi je dois être dispo pour l'équipe". Dans cette entreprise existe pourtant une charte, devant le risque de tensions conflictuelles, l'entreprise a,depuis, bloqué les serveurs de messagerie la nuit et le WE.

L'utilisation de matériels nomades d'information ne doit pas conduire les managers à utiliser ces outils comme moyens uniques de transmission de consignes, c'est souvent une solution de facilité, j'ai même vu un collaborateur ayant reçu 5 injonctions différentes de la part de son manager en un petit quart d'heure! Il faudrait apprendre à concentrer en un seul message les consignes, un opérateur ne peut avoir, en permanence, les yeux rivés sur son portable.

Mais l'important pour un DRH désireux de réguler l'usage de ces outils est de prendre le temps de comprendre les raisons de ces excès. Les problèmes sont systémiques, régler l'utilisation des smart phones ne règle pas tout. Travailler dans de bonnes conditions, respecter toutes les vies du salarié, inventer de nouveaux espaces corroboratifs ... le bon vivre au travail ne se limite pas aux nécessaires temps de déconnexion. Comme pour tous les outils de l'entreprise c'est sur les usages qu'il faut réfléchir.

05:25 Publié dans A lire | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : le numérique

18/03/2015

J'habite entre Paris et Bruxelles.

Il faut en prendre conscience. Notre future région devient le trait d'union, la proche banlieue de deux métropoles monde et européenne, Paris et Bruxelles. De cette continuité géographique, de cette unité territoriale peut naître demain un territoire qui tire parti au mieux de cette double proximité. Un exemple d'opportunité pour notre territoire : élargir notre offre culturelle et pourquoi pas attirer parisiens et bruxellois pour leurs week-ends et leurs vacances.

Du point de vue de l'offre touristique et culturelle Nord Pas de Calais et Picardie se complètent à merveille. Elles sont toutes deux indéniablement deux terres de culture, chacune à leur manière. Plus patrimoniale et architecturale en Picardie, la culture est majoritairement muséale et artistique dans le Nord Pas de Calais.

Les deux régions ont ainsi un potentiel touristique majeur. Ainsi, en termes de nombre de musées, le Nord-pas de Calais se positionne en seconde place sur l’ensemble des régions de France. C'est aussi une région reconnue par le dynamisme du spectacle vivant avec de nombreux festivals de la Cote d'Opale à Aulnoye Aymerie en passant par Arras (Main square festival), sans oublier le festival transfrontalier.
La région picarde possède quant à elle une très grande richesse patrimoniale et architecturale avec plus de monuments classés que la moyenne nationale. Elle a créé la carte CURSUS ou le passeport culturel en faveur des jeunes.

Jouissant d'une position privilégiée, le territoire dispose d'un marché touristique potentiel de 100 millions de personnes dans un rayon de 300 kilomètres. Deux dossiers sont potentiellement porteurs. D’abord, la période de Commémoration du Centenaire va avoir un effet de levier sur l’économie locale et régionale. L’ampleur médiatique, notamment pour les étrangers (Britanniques, Australiens, etc.) place la grande région au centre des Commémorations.

Ensuite un littoral commun. Ses atouts sont multiples. Il comprend trois ports, un réseau urbain et un espace rural diversifiés et dynamiques, où vivent près de 800 000 habitants. Son potentiel touristique se développe et reste à développer. La Baie de Somme, l'une des plus belles baies du monde, consacrée par l'Unesco, vient compléter harmonieusement la campagne touquettoise, le pays des 7 vallées qui plaît tant aux retraités anglais.

J'y crois. Je crois dans le potentiel de notre futur territoire qui, de son unité, peut faire naître de très beaux projets. Dessiner le portrait de notre future grande région ouvre le champ des possibles, et nous pousse à imaginer les nouvelles opportunités d'un territoire qui n'est pas l'addition de deux régions, trop hâtivement jugées faibles par certains, mais la naissance d'une nouvelle entité pleine de défis, mais aussi de promesses. Une région enfin capable de crédibiliser le fait qu'il y fait bon vivre.


24/02/2015

Le souvenir

Il est des moments, dans la vie, où sans crier garde, naissent en nous des flots de souvenirs, de pensées, de sensations revenues.

Dans ces rares moments de pleine conscience tout revient si vivant, si vrai, si fort, que les simples humains que nous sommes en ressentent forcément un trouble. Délicieux instants où tout s’arrête, où la réalité nous échappe, où le souvenir vous envahit au point de s’abandonner.

Il est des circonstances qui nous font naître, plus que d’autres, ce sentiment. La mort, la perte d’un être cher en est une. Cet abandon au souvenir de celui ou de celle qui nous manque, s’il peut être source de chagrin, est toujours, le temps passant, comme une douce caresse chaude et réconfortante.

Ce souvenir, c’est votre allié quotidien, c’est votre petit trésor personnel, emporté partout, avec vous, pour vous. Ce souvenir, c’est cet essentiel qui nous rappelle l’important, c’est ce primordial qui nous crie la seule véritable priorité : vivre pour et par ceux que l’on aime.

Il ou elle n’est plus là. Je reste là. Les autres aussi. Ce nouveau nous, moins nombreux mais plus fort, nous oblige à relever la tête, le regard, l’espérance vers des lendemains de vies, de joies, d’amour ensemble.

Ces lendemains sont les souvenirs à venir. Tant que des lendemains sont à venir, tant que naîtront les souvenirs aucune raison valable ne pourra nous faire douter, encore moins regretter.

Mais s’il faut savoir regarder le passé, s’il faut savoir s’abandonner aux douces certitudes de ce qui est advenu, de ce qui fut et ne sera plus, il faut aussi, fort de cette richesse, partir vers ce qui n’est pas, pas encore, survenu.

A chacun de créer le « survenir », à chacun de créer ce qui demain viendra rejoindre la cohorte, plus ou moins longue, des petites choses et petits riens qui des mois ou des années plus tard seront la somme de nos rencontres, de nos vivants et nos morts, en un mot de notre éternité.

01:59 Publié dans A lire | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : souvenir