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19/06/2015

On ne négocie pas la loi !

La République est une et indivisible me dit une amie comme si cela n’allait plus de soi. Dans une formation RH, des participants réagissent quand j’explique que l’on ne négocie pas la loi. Devant de telles réactions, il est urgent de réaffirmer quelques convictions, mais aussi quelques fondamentaux de notre vivre ensemble républicain. Prenons quelques exemples.

Les violences du quartier de La Bourgogne à Tourcoing sont inadmissibles. Bruler un feu rouge est une infraction à la loi et le rôle de la police républicaine est de m’interpeller. Aucune négociation n’est légitime, j’ai fauté, je dois « m’amender ». Dans toutes les écoles de Tourcoing et d’ailleurs le rôle de l’école républicaine est de s’appuyer sur de tels évènements pour en parler en classe. Et même si un écolier affirme « Marine LEPEN, elle est bien car elle, elle a défendu les musulmans pendant les attentats » (collège Lambersart), le professeur de la République doit avoir le courage de ne pas laisser passer et de se « coltiner » la classe qui soutient l’écolier courageux.

Respecter la police, les pompiers, les instits, les élus (oui les élus de la République !) est une obligation qui ne souffre aucun débat. Je suis d’accord avec le maire qui dit ne pas vouloir débattre avec des truands. Petits ou grands, ceux qui truandent ne peuvent être reconnus comme interlocuteurs au risque d’en faire des caïds. La République est bienveillante et nous devons toujours y veiller, mais bienveillance, ce n’est pas comprendre les malveillants.

Négocier les pratiques religieuses en entreprise, est une question qui est posée par de nombreux DRH, là aussi la réponse ne peut être ambiguë. Si les conditions de mise en œuvre de la laïcité méritent discussions, la loi n’est pas négociable. Les convictions religieuses ne doivent pas remettre en cause, par exemple, les conditions de sécurité au travail. J’ai vu une demande de congés pour une activité religieuse ( 2 h pour le catéchisme), elle doit être refusée et reformulée autrement, rien n’interdit de donner un congés mais attention de ne pas tout mélanger. L’expérience montre que les dérives inacceptables arrivent après l’acceptation de demandes mineures.

Les élections régionales aborderont ces questions. Et j’espère que ce ne sera pas en réponse au Front National car ce débat est au cœur de nos vies de quartier ou d’entreprise. C’est parce que nous avons refusé de voir ces réalités, que ceux qui les vivent ont suivi les démagogues. Le respect de l’Autre et de l’Autorité est consubstantiel de la République. C’est notre devoir de l’expliquer.

Article paru dans Autrement Dit

20:09 Publié dans A lire | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : république

20/05/2015

Ethique et responsabilité du numérique

J’ai eu l’occasion de dire au Conseil Régional que la partie éthique du schéma des usages du numérique me semblait très insuffisante. En effet, les nouveaux usages du numérique soulèvent de nombreuses interrogations pour l’exercice de nos responsabilités.

Les potentialités ouvertes par ces technologies sont si « fulgurantes » qu’elles engendrent des sentiments contradictoires. C’est d’abord une fascination mêlée de curiosité pour cet immense champ des possibles qui s’offre à nous et en même temps une crainte devant les conséquences négatives voire dangereuses de certains usages. Ce qui interroge l’éthique de responsabilité.

Le numérique repose sur la liberté de chacun de créer, d’échanger, d’inventer de nouvelles applications, de nouveaux services. Cette liberté consubstantielle à ces technologies, vit par elle-même et sur ce plan, les élus et les pouvoirs publics ne peuvent être, au mieux, que des accompagnateurs vigilants. Cette liberté exige alors une plus grande responsabilisation des individus tant les applications et services qui apparaissent nous deviennent rapidement indispensables mais sont aussi pourvoyeurs de profondes modifications sur la chaine des responsables. Les parents en savent déjà quelque chose et beaucoup se déclarent impuissants à réguler les usages du numérique par leurs enfants. Les entreprises sont confrontées au droit à la déconnexion, des démocrates s’interrogent sur les atteintes aux libertés ou sur les abus d’un consumérisme addictif.

Voici 2 exemples qui, comme on dit, interpellent.

Dans le monde du travail, prenons un homo digitalus hyper connecté dont le smartphone est un prolongement naturel de la main et de son ordinateur de bureau. Il pratique grâce à ces technologies un travail dit agile qui se déroule en dehors du lieu et horaires du bureau. Imaginons sans trop caricaturer, un accident dans un supermarché de cette personne en train de faire ses courses et répondant à un mail professionnel, sera-t-il reconnu, demain comme un accident du travail ?

Autre exemple, les véhicules intelligents et autonomes qui sont aujourd’hui déjà exposés dans des salons posent les mêmes questions. Qui sera responsable d’un accident impliquant une voiture autonome : le conducteur ou le constructeur ? La législation actuelle indique que le conducteur doit en toute circonstance rester maitre de son véhicule. Ce serait donc le conducteur qui engagerait sa responsabilité tout en déléguant la conduite à un ordinateur embarqué.

Je suis persuadé que l’avenir sera numérique, ce bel avenir ne peut se faire qu’en respectant nos valeurs.


article paru dans Auitrement Dit

21:13 Publié dans A lire | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : numérique

12/05/2015

La chasse aux « NEET » est ouverte

La situation de notre jeunesse n’a jamais été aussi préoccupante. En mars 2014, le taux de chômage entre 15 et 24 ans s’élevait à 23,4%. 33% des jeunes actifs sont au chômage entre 15 et 19 ans et seulement 13% entre 25 et 29 ans. Le chômage des très jeunes adultes est devenu le problème majeur de notre société.

Appelez-moi NEET !

La mode est de les appeler « NEET ». (No in éducation, employment or training), « Je suis NEET, j’ai moins de 26 ans, sans emploi, je ne suis aucune formation ». Hier, on les appelait décrocheurs, aujourd’hui avec les NEET, ils sont devenus européens. Le problème est devenu si important que les politiques publiques s’en sont emparées à tel point qu’une amie impliquée dans l’insertion dit que la chasse aux Neet est ouverte.

Les aides publiques n’ont jamais été aussi importantes.

Avec la « garantie jeune », moyennant un parcours intensif d’accès à l’emploi, une allocation de 433,75 € sera allouée au jeune Neet.

L’initiative pour l’Emploi des jeunes en Nord Pas de Calais c’est 22,7 millions d’euros d’engagés sur 2 ans, + 22,7 millions d’euros engagés par l’Europe.

Avec l’ensemble des contrats aidés, on ne peut pas dire que l’Etat et l’Europe ne font rien. Ce qui manque ce sont les opérateurs capables d'accompagner ces jeunes vers l’accès à l’emploi. Jamais la tâche n’a été aussi compliquée. L’enjeu est d’être capable de relier les attentes des jeunes et des entreprises.

Les solutions existent

A l'Ecole de 2ème chance du Grand Lille, 221 jeunes sont sortis avec une solution pour accéder à l’emploi, soit 71% de sorties positives. Avec un coût par jeune de 4379€ en 2014, je défie quiconque de faire mieux.

D’autres institutions associatives ou privées aident au quotidien tous ces jeunes. Ces organismes doivent continuellement innover, inventer de nouvelles actions pour relier les attentes des jeunes et des entreprises.

La baisse des contrats en alternance montre que le fossé se creuse entre les jeunes et l’entreprise. L'accompagnement des entreprises est une priorité, trop d'artisans sont désarmés devant les comportements des apprentis, trop d'entreprises ne savent pas mettre en place des parcours d'intégration. Les dispositifs publics devraient aider à l’accompagnement des entreprises.
Nos associations peuvent les aider.

14:29 Publié dans A lire, jeunes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : neet