05/10/2012

L'emploi, sécurisation professionnelle (3)

Une négociation à hauts risques
Les enjeux pour les syndicats et le patronat



Dans les 2 précédents articles, j'ai essayé d'expliquer les enjeux sociaux de la négociation sur la sécurisation professionnelle, regardons maintenant les enjeux pour les partenaires sociaux.


Le premier enjeu est d'éviter le recours pur et simple à la loi. Le contrat posé par le gouvernement est clair, soit il y a un bon accord, "un compromis historique", soit la loi imposera une nouvelle donne. Les négociateurs syndicaux joueront de cette menace en arguant de leur proximité avec le gouvernement. Les employeurs vont tout faire pour essayer d'obtenir un accord qui servira de cadre à la loi.

Le deuxième enjeu sera de choisir entre la quantité de syndicats signataires ou la qualité du contenu de l'accord, François Chérèque a annoncé la couleur en demandant un accord "fort en contenu" et je connais assez Laurent Berger, le futur n°1, pour savoir qu'il sera lui aussi sur la même ligne, or sans l'engagement de la Cfdt, il n'y aura pas d'accord. Les employeurs devront donc mettre le prix, fini les accords au rabais comme sur les seniors ou l'égalité professionnelle. Par exemple, sans droits rechargeables pour l'indemnisation du chômage, l'accord de la Cfdt sera difficile à obtenir.

Le troisième enjeu est la capacité des syndicats de salariés et d'employeurs à s'engager. Coté syndical la Cgt est dans une telle panade que personne ne la voit signer quoique ce soit. Les dernières interventions de Jean Claude Mailly ne sont pas non plus de bon augure, quand Fo demande une autre politique gouvernementale c'est la preuve qu'elle entre à reculons dans la négociation imposée par ce même gouvernement. Seule une convergence Cfdt-Cftc-Cgc semble aujourd'hui envisageable.

Les PME TPE, n'oublions pas que ces négociations se dérouleront en pleine élections de représentativité des salariés des petites entreprises, les syndicats seront donc exigeants afin que les droits nouveaux soient accessibles aux salariés concernés. "Ce n'est pas parce que l'on travaille dans une petite entreprise que l'on doit avoir de petits droits" dit le slogan syndical du moment.

L'engagement des employeurs est aussi au cœur de ces négociations. Le patronat se présente plutôt en ordre dispersé dans cette négociation Nous savons que le torchon brûle entre le Medef et la Cgpme, l'Upa (les artisans) se fait fort de ses bons rapports avec les syndicats. Le Ministre du travail a déjà agité le chiffon rouge de la représentativité des syndicats patronaux, à eux de faire la preuve de leur utilité. Le patronat ne peut pas prendre le risque de l’échec, il a besoin de « verrouiller » la loi par un accord.

En conclusion, si l'accord est très envisageable sur les contrats de génération, il est loin d'être acquis sur la sécurisation de l'emploi. La seule organisation, en situation de force, est une nouvelle fois la Cfdt et elle fera payer très cher une éventuelle signature.



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