140247

12/06/2018

Un monde politique et syndical en explosion.

Après les congrès nationaux de 4 syndicats (CGC, CGT, FO, CFDT), l’échiquier syndical est fortement modifié. Faute d’interlocuteurs patronaux et gouvernementaux ouverts à la négociation, les dirigeants et encore plus les militants syndicaux deviennent plus contestataires. Tentons une petite revue de détail.

François HOMMERIL, le président de la CFE-CGC a pris ses distances avec la qualification de réformiste qui ne serait qu’une « instrumentalisation du gouvernement ». Pour lui être réformiste c’est être considéré comme béni-oui-oui. Ainsi, depuis son congrès, la CGC prend soin de toujours se démarquer de la CFDT et de la CFTC… sans pour autant rejoindre FO.
A la CGT, Philippe MARTINEZ dit clairement ne rien attendre du patronat et du gouvernement unis dans une stratégie de détricotage systématique du modèle social français. L’unité du syndicat se fait sur la base du discours le plus radical quitte à être inopérant et assumer des défaites à répétition.

Pascal PAVAGEAU, le nouveau leader de FO se dit « FO canal historique » comprenons : plus dur que son prédécesseur. « Totalement opposé » au gouvernement, le discours est brutal : « Macron déprotège dans une logique de chacun pour soi, une logique de jungle ». Très attaché aux idéaux républicains et aux services publics, il explique « Notre engagement est noble. On cherche à défendre, protéger, proposer, construire ». Lors du congrès tenu à LILLE, les observateurs ont été marqués par l’âpreté des débats et les clivages entre les partisans de la ligne MAILLY plus ouverte à la négociation et les radicaux souvent politisés. Le congrès a aussi marqué sa volonté de participer activement aux futures manifestations voire aux grèves contre les projets gouvernementaux en particulier la réforme des retraites.

Le congrès de la CFDT vient de se terminer. Laurent BERGER s’est présenté très critique devant des militants impatients de durcir le ton sans pour autant renier les valeurs historiques avec un hommage appuyé aux anciens, décédés cette année, Edmond MAIRE et François CHEREQUE. Voici quelques paroles de militants suite aux ordonnances : « Nous n’étions pas déçus mais en colère », « il faut une position plus forte face à un gouvernement qui n’a rien à faire des syndicats », une colère sourde pointait dans de nombreuses interventions sans remettre en cause le leadership de l’équipe BERGER. La CFDT termine son congrès avec la volonté « d’exercer son contre-pouvoir sans tomber dans l’opposition politique ». Malgré les vents contraires, la ligne réformiste en sort même renforcée.

Les élections de représentativité qui se dérouleront en fin d’année dans les trois fonctions publiques donneront le classement des syndicats tous secteurs confondus, gros enjeu pour la CFDT qui brigue la première place.

19:45 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : monde syndical

Écrire un commentaire

NB : Les commentaires de ce blog sont modérés.