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26/10/2018

Le constat est partagé et c’est déjà bien


Ça commençait mal... La décision gouvernementale de désindexer la revalorisation des retraites sur les prix, conduit à une perte annuelle de pouvoir d’achat pour un retraité percevant une pension moyenne de 1376 euros, de 248 euros et de 305 euros avec l’instauration de la CSG, ce qui fera quand même une perte de 553 euros! De quoi plomber d’entrée le climat social à l’aube de la future réforme des retraites. Une erreur monumentale à gommer au plus vite.

Le 20 septembre se tenait, à ARRAS, une journée « d’expressions citoyennes » sur les retraites. Les 78 participants ont plébiscité un système par répartition qui garantit la solidarité intergénérationnelle mais qui est d’une complexité folle. L’impression que ce système n’a pas été conçu pour l’avenir et cette affirmation : « 42 régimes, c’est trop ! ».

À Paris, pour un bilan d’étape de la concertation engagée avec les partenaires sociaux, le constat présenté par Jean Paul DELEVOYE, le Haut Commissaire à la réforme des retraites, a été partagé très largement, ce constat, lucide et critique, est sans appel.

Notre système de retraite est générateur d’injustices. Composé de 42 régimes, organisés par profession et par statut, chacun ayant ses propres règles, les Français n’ont pas les mêmes droits. Incroyablement complexe, cette situation est aussi inéquitable. Par exemple, la naissance d’un enfant donne des droits fort différents entre régimes, ne privilégiant pas, pour autant, les plus pauvres.

Un système illisible qui ne permet pas d’anticiper. Quand un tiers des assurés cotise déjà à 4 régimes ou plus, à revenu identique, un changement de statut à des effets souvent négatifs sur le montant des pensions.

Un système qui n’est plus en phase avec les réalités du travail. Organisé sur des logiques professionnelles, la superposition des règles différentes pénalisent les mobilités et les transitions professionnelles. Aujourd’hui, un infirmier peut avoir 5 régimes de retraite différents sans changer de métier. Favorisant les carrières linéaires et montantes le système handicape les carrières hachées. Bâti quand une majorité de femmes ne travaillait pas, celles ci sont aujourd’hui désavantagées.

Le système ne garantit pas les droits parce qu’il est instable. Depuis 1993, tous les 5 ans, le système a été réformé par de simples ajustements paramétriques qui ne permettent plus aucune marge de manœuvre. Cette instabilité érode la confiance des Français. 80% pensent que le niveau de leur future pension sera insuffisant pour vivre correctement. 85% estiment qu’il ne devrait y avoir qu’un seul régime de retraite. Les jeunes pensent qu’ils ne percevront pas ou peu de retraite.

C’est cette situation qui conduit une majorité d’acteurs à, enfin, considérer que l’heure est venue de « bâtir un système commun à tous les Français, compréhensible par tous, fondé sur une solidarité renforcée ». Qui ne serait pas d’accord, à part la CGT?

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