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01/10/2012

Le piège des négociations salariales 2013

Les NAO (négociations annuelles obligataires) chargées de fixer les augmentations salariales 2013 vont débuter dans certaines entreprises.
Ces négociations s’annoncent difficiles.
Le contexte économique pèse évidemment sur les entreprises qui ont peu de lisibilité sur leur activité future, si ce n’est le sentiment partagé que ce ne sera pas bon.

La situation de l’emploi, les 3 millions de chômeurs pèsent négativement sur le rapport de force des salariés et donc des organisations syndicales.


Les déclarations du Président de la République affirmant que la situation du pays ne commencerait à s’améliorer que dans 2 ans, n’offrent aucun espoir à court terme.
Les gains de productivité que toutes les entreprises recherchent pour sortir rapidement de la crise se font malheureusement sur le coût du travail. C’est dans cette ambiance où le salarié coûterait trop cher que les négociations sont amenées à discuter augmentation des rémunérations.

L’indice d’augmentation du coût de la vie qui était prévu à 1,8% pour l’année 2012 était déjà à 2,1% en août 012.

Les DRH travaillent actuellement avec leurs comités de direction pour définir les mandats de négociation. De ce que je vois, il est illusoire de penser obtenir des augmentations générales supérieures, voire égales à l’inflation. La part réservée aux augmentations individuelles pourrait être supérieure à l’augmentation générale, car les directions restent convaincues des vertus des augmentations individuelles pour motiver les postes décisifs pour le développement (ce que je conteste).

Dans ces conditions, je comprends la frilosité des négociateurs syndicaux à s’engager sur les propositions patronales. Comment gagner des élections professionnelles avec des propositions inférieures à l’inflation ? Les DRH ont ils conscience que les bénéficiaires des augmentations individuelles sont plutôt des abstentionnistes aux élections professionnelles, des individualistes peu sensibles aux discours solidaires. Les syndicats n'ont rien à gagner avec les augmentations individuelles.

Reste le recours aux « périphériques », à la rémunération globale, c’est à dire aux chèques en tous genres (déjeuner, transport, Cesu, vacances, Cadoc) ou à l’épargne salariale ou retraite, sans oublier la prévoyance. Mais tout cela coûte cher et est souvent irréversible ou crée des précédents remis chaque année sur la table des négociations.

Reste aussi la grosse ficelle du calendrier des augmentations, plus la date est retardée plus l'augmentation sera importante. Dans tous les cas, le calendrier des augmentations générales est un calendrier sensible qui doit être finement étudié.

Je m’attends donc à de nombreux procès verbaux de non accord. Reste le choix de passer par une décision unilatérale de l’employeur, ce que les syndicats ne redoutent pas, vu la faiblesse de l’enveloppe mis à la disposition des DRH.

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