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02/03/2011

Mes premières impressions sur la réforme de la représentativité syndicale.

Je viens d’analyser 55 résultats d’élections de représentativité dans des entreprises plutôt importantes.

Comme prévu la CGT et la CFDT sont les 2 syndicats gagnants. Sur l’échantillon de 55
la CGT est 50 fois représentative et la CFDT 49 fois. FO arrive loin derrière avec 29 fois.
La CGC est 30 fois représentative dans le collège cadres.
Viennent ensuite l’UNSA (15), la CFTC (13), SUD (10)

J’en déduis que 3 groupes de syndicats commencent à se distinguer


• Le groupe de tête CGT-CFDT représentatif
• FO en position intermédiaire, représentatif une fois sur2
• Le groupe de queue UNSA-CFTC-SUD souvent non représentatif

Si l’on regarde quelques entreprises majeures :
La CFDT n’est plus représentative à AIRBUS, elle l’est de justesse à la RATP.
FO n’est plus représentatif chez AXA, Caisse des dépôts, CEA, GIAT Industries, IBM, Macif, Michelin, RATP, SNCF, Thalys…
SUD est représentatif chez ATOS, Dunlop Amiens, FranceTélécom, La Poste, Michelin, Orange, RATP, SNCF

Quelques commentaires personnels :

• Les stratégies de listes communes sont rares et ne permettent pas de dépasser les 10% dans beaucoup de cas ;
• La disparition de la CFTC et parfois de FO inquiètent des DRH qui s’appuyaient depuis toujours sur la signature de syndicats minoritaires ;
• La CGT et la CFDT ont radicalisé leurs campagnes électorales. L’obligation de se « démarquer » sur le terrain a souvent été perturbée par l’image unitaire donnée par les confédérations sur le dossier des retraites ;
• Les DRH comme de nombreux délégués syndicaux n’ont pas anticipé les incidences de la loi sur leurs stratégies sociales ce qui rend plus difficile la conclusion d’accords
• La place et le rôle des organisations non représentatives sont à inventer mais la non-anticipation conduit souvent à leur disparition rapide.

Enfin de nombreux délégués syndicaux découvrent dans la douleur que « la représentativité maintenant ça se gagne » et qu’un effort important est nécessaire pour conquérir mais aussi fidéliser les suffrages des salariés. Le syndicalisme enfermé dans le local syndical, absent des lieux de travail, en retard d’une guerre dans l’information est en danger ce qui est une bonne nouvelle.

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